Voyage au Centre de la Terre

Jules Verne

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Elektronická kniha: Jules Verne – Voyage au Centre de la Terre (jazyk: Francouzština)

Katalogové číslo: verne18 Kategorie:

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E-kniha Jules Verne: Voyage au Centre de la Terre

Anotace

O autorovi

Jules Verne

[8.2.1828-24.3.1905] Jules Verne, francouzský spisovatel a dramatik, jeden z nejpřekládanějších francouzsky píšících autorů vůbec, přichází na svět 8. února roku 1828 v Nantes jako syn advokáta. V mládí Verne studuje práva v Nantes a poté v Paříži, po studiích pak pracuje na burze. Literární ambice má Jules Verne již od mládí, do světa literatury ho jako tajemníka pařížského Théatre lyrique...

Jules Verne: životopis, dílo, citáty

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XVII

Le véritable voyage commençait. Jusqu’alors les fatigues l’avaient emporté sur les difficultés; maintenant celles-ci allaient véritablement naître sous nos pas.

Je n’avais point encore plongé mon regard dans ce puits insondable oů j’allais m’engouffrer. Le moment était venu. Je pouvais encore ou prendre mon parti de l’entreprise ou refuser de la tenter. Mais j’eus honte de reculer devant le chasseur. Hans acceptait si tranquillement l’aventure, avec une telle indifférence, une si parfaite insouciance de tout danger, que je rougis ŕ l’idée d’ętre moins brave que lui. Seul, j’aurais entamé la série des grands argumente; mais, en présence du guide, je me tus; un de mes souvenirs s’envola vers ma jolie Virlandaise, et je m’approchai de la cheminée centrale.

J’ai dit qu’elle mesurait cent pieds de diamčtre, ou trois cents pieds de tour. Je me penchai au-dessus d’un roc qui surplombait, et je regardai; mes cheveux se hérissčrent. Le sentiment du vide s’empara de mon ętre. Je sentis le centre de gravité se déplacer en moi et le vertige monter ŕ ma tčte comme une ivresse. Rien de plus capiteux que cette attraction de l’abîme. J’allais tomber. Une main me retint. Celle de Hans. Décidément, je n’avais pas pris assez de leçons de gouffre ŕ la Frelsers-Kirk de Copenhague.

Cependant, si peu que j’eusse hasardé mes regards dans ce puits, je m’étais rendu compte de sa conformation. Ses parois, presque ŕ pic, présentaient cependant de nombreuses saillies qui devaient faciliter la descente; mais si l’escalier ne manquait pas, la rampe faisait défaut. Une corde attachée ŕ l’orifice aurait suffi pour nous soutenir, mais comment la détacher, lorsqu’on serait parvenu ŕ son extrémité inférieure?

Mon oncle employa un moyen fort simple pour obvier ŕ cette difficulté. Il déroula une corde de la grosseur du pouce et longue de quatre cents pieds; il en laissa filer d’abord la moitié, puis il l’enroula autour d’un bloc de lave qui faisait saillie et rejeta l’autre moitié dans la cheminée. Chacun de nous pouvait alors descendre en réunissant dans sa main les deux moitiés de la corde qui ne pouvait se défiler; une fois descendus de deux cents pieds, rien ne nous serait plus aisé que de la ramener en lâchant un bout et en halant sur l’autre. Puis, on recommencerait cet exercice usque ad infinitum.

«Maintenant, dit mon oncle aprčs avoir achevé ces préparatifs, occupons-nous des bagages; ils vont ętre divisés en trois paquets, et chacun de nous en attachera un sur son dos; j’entends parler seulement des objets fragiles.»

L’audacieux professeur ne nous comprenait évidemment pas dans cette derničre catégorie.

«Hans, reprit-il, va se charger des outils et d’une partie des vivres; toi, Axel, d’un second tiers des vivres et des armes; moi, du reste des vivres et des instruments délicats.

—Mais, dis-je, et les vętements, et cette masse de cordes et d’échelles, qui se chargera de les descendre?

—Ils descendront tout seuls.

—Comment cela? demandai-je fort étonné.

—Tu vas le voir.»

Mon oncle employait volontiers les grands moyens et sans hésiter. Sur son ordre, Hans réunit en un seul colis les objets non fragiles, et ce paquet, solidement cordé, fut tout bonnement précipité dans le gouffre.

J’entendis ce mugissement sonore produit par le déplacement des couches d’air. Mon oncle, penché sur l’abîme, suivait d’un oeil satisfait la descente de ses bagages, et ne se releva qu’aprčs les avoir perdus de vue.

«Bon, fit-il. A nous maintenant.»

Je demande ŕ tout homme de bonne foi s’il était possible d’entendre sans frissonner de telles paroles!

Le professeur attacha sur son dos le paquet des instruments; Hans prit celui des outils, moi celui des armes. La descente commença dans l’ordre suivant: Hans, mon oncle et moi. Elle se fit dans un profond silence, troublé seulement par la chute des débris de roc qui se précipitaient dans l’abîme.

Je me laissai couler, pour ainsi dire, serrant frénétiquement la double corde d’une main, de l’autre m’arc-boutant au moyen de mon bâton ferré. Une idée unique me dominait: je craignais que le point d’appui ne vint ŕ manquer. Cette corde me paraissait bien fragile pour supporter le poid…