Autour de la Lune

Jules Verne

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Elektronická kniha: Jules Verne – Autour de la Lune (jazyk: Francouzština)

Katalogové číslo: verne08 Kategorie:

Popis

E-kniha Jules Verne: Autour de la Lune

Anotace

O autorovi

Jules Verne

[8.2.1828-24.3.1905] Jules Verne, francouzský spisovatel a dramatik, jeden z nejpřekládanějších francouzsky píšících autorů vůbec, přichází na svět 8. února roku 1828 v Nantes jako syn advokáta. V mládí Verne studuje práva v Nantes a poté v Paříži, po studiích pak pracuje na burze. Literární ambice má Jules Verne již od mládí, do světa literatury ho jako tajemníka pařížského Théatre lyrique...

Jules Verne: životopis, dílo, citáty

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XII

Details orographiques

La direction suivie par le projectile, on l’a déjŕ fait observer, l’entraînait vers l’hémisphčre septentrional de la Lune. Les voyageurs étaient loin de ce point central qu’ils auraient dű frapper, si leur trajectoire n’eűt pas subi une déviation irrémédiable.

Il était minuit et demi. Barbicane estima alors sa distance ŕ quatorze cents kilomčtres, distance un peu supérieure ŕ la longueur du rayon lunaire, et qui devait diminuer ŕ mesure qu’il s’avancerait vers le pôle nord. Le projectile se trouvait alors, non ŕ la hauteur de l’Équateur, mais par le travers du dixičme parallčle, et depuis cette latitude, soigneusement relevée sur la carte jusqu’au pôle, Barbicane et ses deux compagnons purent observer la Lune dans les meilleures conditions.

En effet, par l’emploi des lunettes, cette distance de quatorze cents kilomčtres était réduite ŕ quatorze, soit trois lieues et demi. Le télescope des montagnes Rocheuses rapprochait davantage la Lune, mais l’atmosphčre terrestre amoindrissait singuličrement sa puissance optique. Aussi Barbicane, posté dans son projectile, sa lorgnette aux yeux, percevait-il certains détails insaisissables aux observateurs de la Terre.

«Mes amis, dit alors le président d’une voix grave, je ne sais oů nous allons, je ne sais si nous reverrons jamais le globe terrestre. Néanmoins, procédons comme si ces travaux devaient servir un jour ŕ nos semblables. Ayons l’esprit libre de toute préoccupation. Nous sommes des astronomes. Ce boulet est un cabinet de l’Observatoire de Cambridge, transporté dans l’espace. Observons.»

Cela dit, le travail fut commencé avec une précision extręme, et il reproduisit fidčlement les divers aspects de la Lune aux distances variables que le projectile occupa par rapport ŕ cet astre.

En męme temps que le boulet se trouvait ŕ la hauteur du dixičme parallčle nord, il semblait suivre rigoureusement le vingtičme degré de longitude est.

Ici se place une remarque importante au sujet de la carte qui servait aux observations. Dans les cartes sélénographiques oů, en raison du renversement des objets par les lunettes, le sud est en haut et le nord en bas, il semblerait naturel que par suite de cette inversion, l’est dűt ętre placé ŕ gauche et l’ouest ŕ droite. Cependant, il n’en est rien. Si la carte était retournée et présentait la Lune telle qu’elle s’offre aux regards, l’est serait ŕ gauche et l’ouest ŕ droite, contrairement ŕ ce qui existe dans les cartes terrestres. Voici la raison de cette anomalie. Les observateurs situés dans l’hémisphčre boréal, en Europe, si l’on veut, aperçoivent la Lune dans le sud par rapport ŕ eux. Lorsqu’ils l’observent, ils tournent le dos au nord, position inverse de celle qu’ils occupent quand ils considčrent une carte terrestre. Puisqu’ils tournent le dos au nord, l’est se trouve ŕ leur gauche et l’ouest ŕ leur droite. Pour des observateurs situés dans l’hémisphčre austral, en Patagonie, par exemple, l’ouest de la Lune serait parfaitement ŕ leur gauche et l’est ŕ leur droite, puisque le midi est derričre eux.

Telle est la raison de ce renversement apparent des deux points cardinaux, et il faut en tenir compte pour suivre les observations du président Barbicane.

Aidé de la Mappa selenographica de Beer et Moedler, les voyageurs pouvaient sans hésiter reconnaître la portion du disque encadré dans le champ de leur lunette.

«Que voyons-nous en ce moment? demanda Michel.

—La partie septentrionale de la mer des Nuées, répondit Barbicane. Nous sommes trop éloignés pour en reconnaître la nature. Ces plaines sont-elles composées de sables arides, ainsi que l’ont prétendu les premiers astronomes? Ne sont-elles que des foręts immenses, suivant l’opinion de M. Waren de la Rue, qui accorde ŕ la Lune une atmosphčre trčs basse mais trčs dense, c’est ce que nous saurons plus tard. N’affirmons rien avant d’ętre en droit d’affirmer.»

Cette mer des Nuées est assez douteusement délimitée sur les cartes. On suppose que cette vaste plaine est semée de blocs de lave vomis par les volcans voisins de sa partie droite, Ptolémée, Purbach, Arzachel. Mais le projectile s’avançait et se rapprochait sensiblement, et bientôt apparurent les sommets qui ferment cette mer ŕ sa limite septentrionale. Devant se dressait une montagne rayonnante de toute beauté, dont la cime semblait perdue dans une éruption de rayons solaires.

«C’est?... demanda Michel.

—Copernic, répondit Barbicane.

—Voyons Copernic.»

Ce mont, situé par 9° de latitude nord et 20° de longitude est, s’élčve ŕ une hauteur de trois mille quatre cent trente-huit mčtres au-dessus du niveau de la surface de la Lune. Il est trčs visible de la Terre, et les astronomes peuvent l’étudier parfaitement, surtout pendant la phase comprise entre le dernier quartier et la Nouvelle-Lune, parce qu’alors les ombres se projettent longuement de l’est vers l’ouest et permettent de mesurer ses hauteurs.

Ce Copernic forme le systčme rayonnant le plus important du disque aprčs Tycho, situé dans l’hémisphčre méridional. Il s’élčve isolément, comme un phare gigantesque sur cette portion de la mer des Nuées qui confine ŕ la mer des Tempętes, et il éclaire sous son rayonnement splendide deux océans ŕ la fois. C’était un spectacle sans égal que celui de ces longues traînées lumineuses, si éblouissantes dans la pleine Lune, et qui dépassant au nord les chaînes limitrophes, vont s’éteindre jusque dans la mer des Pluies. A une heure du matin terrestre, le projectile, comme un ballon emporté dans l’espace, dominait cette montagne superbe.

Barbicane put en reconnaître exactement les dispositions principales. Copernic est compris dans la série des montagnes annulaires de premier ordre, dans la division des grands cirques. De męme que Képler et Aristarque, qui dominent l’océan des Tempętes, il apparaît quelquefois comme un point brillant ŕ travers la lumičre cendrée et fut pris pour un volcan en activité. Mais ce n’est qu’un volcan éteint, ainsi que tous ceux de cette face de…