Autour de la Lune

Jules Verne

65 

Elektronická kniha: Jules Verne – Autour de la Lune (jazyk: Francouzština)

Katalogové číslo: verne08 Kategorie:

Popis

E-kniha Jules Verne: Autour de la Lune

Anotace

O autorovi

Jules Verne

[8.2.1828-24.3.1905] Jules Verne, francouzský spisovatel a dramatik, jeden z nejpřekládanějších francouzsky píšících autorů vůbec, přichází na svět 8. února roku 1828 v Nantes jako syn advokáta. V mládí Verne studuje práva v Nantes a poté v Paříži, po studiích pak pracuje na burze. Literární ambice má Jules Verne již od mládí, do světa literatury ho jako tajemníka pařížského Théatre lyrique...

Jules Verne: životopis, dílo, citáty

Další informace

Autor

Jazyk

Žánr

, ,

Název originálu
Jazyk originálu

Formát

ePub, MOBI, PDF

Recenze

Zatím zde nejsou žádné recenze.

Buďte první, kdo ohodnotí „Autour de la Lune“

Vaše e-mailová adresa nebude zveřejněna. Vyžadované informace jsou označeny *

XVII

Tycho

A six heures du soir, le projectile passait au pôle sud, ŕ moins de soixante kilomčtres. Distance égale ŕ celle dont il s’était approché du pôle nord. La courbe elliptique se dessinait donc rigoureusement.

En ce moment, les voyageurs rentraient dans ce bienfaisant effluve des rayons solaires. Ils revoyaient ces étoiles qui se mouvaient avec lenteur de l’orient ŕ l’occident. L’astre radieux fut salué d’un triple hurrah. Avec sa lumičre, il envoyait sa chaleur qui transpira bientôt ŕ travers les parois de métal. Les vitres reprirent leur transparence accoutumée. Leur couche de glace se fondit comme par enchantement. Aussitôt, par mesure d’économie, le gaz fut éteint. Seul, l’appareil ŕ air dut en consommer sa quantité habituelle.

«Ah! fit Nicholl, c’est bon, ces rayons de chaleur! Avec quelle impatience, aprčs une nuit si longue, les Sélénites doivent-ils attendre la réapparition de l’astre du jour!

—Oui, répondit Michel Ardan, humant pour ainsi dire cet éther éclatant, lumičre et chaleur, toute la vie est lŕ!»

En ce moment, le culot du projectile tendait ŕ s’écarter légčrement de la surface lunaire, de maničre ŕ suivre un orbe elliptique assez allongé. De ce point, si la Terre eűt été pleine, Barbicane et ses compagnons auraient pu la revoir. Mais, noyée dans l’irradiation du Soleil, elle demeurait absolument invisible. Un autre spectacle devait attirer leurs regards, celui que présentait cette région australe de la Lune, ramenée par les lunettes ŕ un demi-quart de lieue. Ils ne quittaient plus les hublots et notaient tous les détails de ce continent bizarre.

Les monts Doerfel et Leibnitz forment deux groupes séparés qui se développent ŕ peu prčs au pôle sud. Le premier groupe s’étend depuis le pôle jusqu’au quatre-vingt-quatričme parallčle, sur la partie orientale de l’astre; le second, dessiné sur le bord oriental, va du soixante-cinquičme degré de latitude au pôle.

Sur leur aręte capricieusement contournée apparaissaient des nappes éblouissantes, telles que les a signalées le pčre Secchi. Avec plus de certitude que l’illustre astronome romain, Barbicane put reconnaître leur nature.

«Ce sont des neiges! s’écria-t-il.

—Des neiges? répéta Nicholl.

—Oui, Nicholl, des neiges dont la surface est glacée profondément. Voyez comme elle réfléchit les rayons lumineux. Des laves refroidies ne donneraient pas une réflexion aussi intense. Il y a donc de l’eau, il y a donc de l’air sur la Lune. Si peu que l’on voudra, mais le fait ne peut plus ętre contesté!»

Non, il ne pouvait l’ętre! Et si jamais Barbicane revoit la Terre, ses notes témoigneront de ce fait considérable dans les observations sélénographiques.

Ces monts Doerfel et Leibnitz s’élevaient au milieu de plaines d’une étendue médiocre que bornait une succession indéfinie de cirques et de remparts annulaires. Ces deux chaînes sont les seules qui se rencontrent dans la région des cirques. Peu accidentées relativement, elles projettent çŕ et lŕ quelques pics aigus dont la plus haute cime mesure sept mille six cent trois mčtres.

Mais le projectile dominait tout cet ensemble et le relief disparaissait dans cet intense éblouissement du disque. Aux yeux des voyageurs reparaissait cet aspect archaďque des paysages lunaires, crus de tons, sans dégradation de couleurs, sans nuances d’ombres, brutalement blancs et noirs, puisque la lumičre diffuse leur manque. Cependant la vue de ce monde désolé ne laissait pas de les captiver par son étrangeté męme. Ils se promenaient au-dessus de cette chaotique région, comme s’ils eussent été entraînés au souffle d’un ouragan, voyant les sommets défiler sous leurs pieds, fouillant les cavités du regard, dévalant les rainures, gravissant les remparts, sondant ces trous mystérieux, nivelant toutes ces cassures. Mais nulle trace de végétation, nulle apparence de cités; rien que des stratifications, des coulées de laves, des épanchements polis comme des miroirs immenses qui reflétaient les rayons solaires avec un insoutenable éclat. Rien d’un monde vivant, tout d’un monde mort, oů les avalanches, roulant du sommet des montagnes, s’abîmaient sans bruit au fond des abîmes. Elles avaient le mouvement, mais le fracas leur manquait encore.

Barbicane constata par des observations réitérées que les reliefs des bords du disque, bien qu’ils eussent été soumis ŕ des forces différentes de celles de la région centrale, présentaient une conformation uniforme. Męme agrégation circulaire, męmes ressauts du sol. Cependant on pouvait penser que leurs dispositions ne devaient pas ętre analogues. Au centre, en effet, la croűte encore malléable de la Lune a été soumise ŕ la double attraction de la Lune et de la Terre, agissant en sens inverse suivant un rayon prolongé de l’une ŕ l’autre. Au contraire, sur les bords du disque, l’attraction lunaire a été pour ainsi dire perpendiculaire ŕ l’attraction terrestre. Il semble que les reliefs du sol produits dans ces deux conditions auraient dű prendre une forme différente. Or, cela n’était pas. Donc, la Lune avait trouvé en elle seule le principe de sa formation et de sa constitution. Elle ne devait rien aux forces étrangčres. Ce qui justifiait cette remarquable proposition d’Arago: «Aucune action extérieure ŕ la Lune n’a contribué ŕ la production de son relief.»

Quoi qu’il en soit et dans son état actuel, ce monde, c’était l’image de la mort, sans qu’il fűt possible de dire que la vie l’eűt jamais animé.

Michel Ardan crut pourtant reconnaître une agglomération de ruines qu’il signala ŕ l’attention de Barbicane. C’était ŕ peu prčs sur le quatre-vingtičme parallčle et par trente degrés de longitude. Cet amoncellement de pierres, assez réguličrement disposées, figurait une vaste forteresse, dominant une de ces longues rainures qui jadis servaient de lit aux fleuves des temps antéhistoriques. Non loin s’élevait, ŕ une hauteur de cinq mille six cent quarante-six mčtres, la montagne annulaire de Short, égale au Caucase asiatique. Michel Ardan, avec son ardeur accou…