Michel Strogoff: Moscou-Irkutsk

Jules Verne

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Elektronická kniha: Jules Verne – Michel Strogoff: Moscou-Irkutsk (jazyk: Francouzština)

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E-kniha Jules Verne: Michel Strogoff: Moscou-Irkutsk

Anotace

O autorovi

Jules Verne

[8.2.1828-24.3.1905] Jules Verne, francouzský spisovatel a dramatik, jeden z nejpřekládanějších francouzsky píšících autorů vůbec, přichází na svět 8. února roku 1828 v Nantes jako syn advokáta. V mládí Verne studuje práva v Nantes a poté v Paříži, po studiích pak pracuje na burze. Literární ambice má Jules Verne již od mládí, do světa literatury ho jako tajemníka pařížského Théatre lyrique...

Jules Verne: životopis, dílo, citáty

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CHAPITRE XVI

UN DERNIER EFFORT.

Michel Strogoff avait raison de redouter quelque mauvaise rencontre dans ces plaines qui se prolongent au delŕ de la Baraba. Les champs, foulés du pied des chevaux, montraient que les Tartares y avaient passé, et de ces barbares on pouvait dire ce que l’on a dit des Turcs: «Lŕ oů le Turc passe, l’herbe ne repousse jamais!»

Michel Strogoff devait donc prendre les plus minutieuses précautions en traversant cette contrée. Quelques volutes de fumée qui se tordaient au-dessus de l’horizon indiquaient que bourgs et hameaux brűlaient encore. Ces incendies avaient-ils été allumés par l’avant-garde, ou l’armée de l’émir s’était-elle déjŕ avancé jusqu’aux derničres limites de la province? Féofar Khan se trouvait-il de sa personne dans le gouvernement de l’Yeniseisk? Michel Strogoff ne le savait et ne pouvait rien décider sans ętre fixé ŕ cet égard. Le pays était-il donc si abandonné qu’il ne s’y trouvât plus un seul Sibérien pour le renseigner?

Michel Strogoff fit deux verstes sur la route absolument déserte. Il cherchait du regard, ŕ droite et ŕ gauche, quelque maison qui n’eűt pas été délaissée. Toutes celles qu’il visita étaient vides.

Une hutte, cependant, qu’il aperçut entre les arbres, fumait encore. Lorsqu’il en approcha, il vit, ŕ quelques pas des restes de sa maison, un vieillard, entouré d’enfants qui pleuraient. Une femme, jeune encore, sa fille sans doute, la mčre de ces petits, agenouillée sur le sol, regardait d’un oeil hagard cette scčne de désolation. Elle allaitait un enfant de quelques mois, auquel son lait devait manquer bientôt. Tout, autour de cette famille, n’était que ruines et dénuement!

Michel Strogoff alla au vieillard.

«Peux-tu me répondre? lui dit-il d’une voix grave.

—Parle, répondit le vieillard.

—Les Tartares ont passé par ici?

—Oui, puisque ma maison est en flammes!

—Était-ce une armée ou un détachement?

—Une armée, puisque, si loin que ta vue s’étende, nos champs sont dévastés!

—Commandée par l’émir?..

—Par l’émir, puisque les eaux de l’Obi sont devenues rouges!

—Et Féofar-Khan est entré ŕ Tomsk?

—A Tomsk.

—Sais-tu si les Tartares se sont emparés de Kolyvan?

—Non, puisque Kolyvan ne brűle pas encore!

—Merci, ami.—Puis-je faire quelque chose pour toi et les tiens?

—Rien.

—Au revoir.

—Adieu.»

Et Michel Strogoff, aprčs avoir mis vingt-cinq roubles sur les genoux de la malheureuse femme, qui n’eut męme pas la force de le remercier, pressa son cheval et reprit sa marche, interrompue un instant.

Il savait maintenant une chose, c’est qu’ŕ tout prix il devait éviter de passer ŕ Tomsk. Aller ŕ Kolyvan, oů les Tartares n’étaient pas encore, c’était possible. S’y ravitailler pour une longue étape, c’était ce qu’il fallait faire. Se jeter ensuite hors de la route d’Irkoutsk pour tourner Tomsk, aprčs avoir franchi l’Obi, il n’y avait pas d’autre parti ŕ prendre.

Ce nouvel itinéraire décidé, Michel Strogoff ne devait pas hésiter un instant. Il n’hésita pas, et, imprimant ŕ son cheval une allure rapide et réguličre, il suivit la route directe qui aboutissait ŕ la rive gauche de l’Obi, dont quarante verstes le séparaient encore. Trouverait-il un bac pour le traverser, ou, les Tartares ayant détruit les bateaux du fleuve, serait-il forcé de le passer ŕ la nage? Il aviserait.

Quant ŕ son cheval, bien épuisé alors, Michel Strogoff, aprčs lui avoir demandé ce qui lui restait de force pour cette derničre étape, devrait chercher ŕ l’échanger contre un autre ŕ Kolyvan. Il sentait bien qu’avant peu le pauvre animal manquerait sous lui. Kolyvan devait donc ętre comme un nouveau point de départ, car, ŕ partir de cette ville, son voyage s’effectuerait dans des conditions nouvelles. Tant qu’il parcourrait le pays ravagé, les difficultés seraient grandes encore, mais si, aprčs avoir évité Tomsk, il pouvait reprendre la route d’Irkoutsk ŕ travers la province d’Yeniseisk, que les envahisseurs ne désolaient pas encore, il devait avoir atteint son but en quelques jours.

La nuit était venue, aprčs une assez chaude journée. Une assez profonde obscurité, ŕ minuit, enveloppa la steppe. Le vent, complčtement tombé au coucher du soleil, laissait ŕ l’atmosphčre un calme complet. Seul, le bruit des pas du cheval se faisait entendre sur la route déserte, et aussi quelques paroles avec lesquelles son maître l’encourageait. Au milieu de ces ténčbres, il fallait une extręme attention pour ne pas se jeter hors du chemin, bordé d’étangs et de petits cours d’eau, tributaires de l’Obi.

Michel Strogoff s’avançait donc aussi rapidement que possible, mais avec une certaine circonspection. Il s’en rapportait non moins ŕ l’excellence de ses yeux, qui perçaient l’ombre, qu’ŕ la prudence de son cheval, dont il connaissait la sagacité.

A ce moment, Michel Strogoff, ayant mis pied ŕ terre, cherchait ŕ reconnaître exactement la direction de la route, lorsqu’il lui sembla entendre un murmure confus qui venait de l’ouest. C’était comme le bruit d’une chevauchée lointaine sur la terre sčche. Pas de doute. Il se produisait, ŕ une ou deux verstes en arričre, un certain cadencement de pas qui frappaient réguličrement le sol.

Michel Strogoff écouta avec plus d’attention, aprčs avoir posé son oreille ŕ l’axe męme du chemin.

«C’est un détachement de cavaliers qui vient par la route d’Omsk, se dit-il. Il marche rapidement, car le bruit augmente. Sont-ce des Russes ou des Tartares?»

Michel Strogoff écouta encore.

«Oui, dit-il, ces cavaliers viennent au grand trot!

Avant dix minutes, ils seront ici! Mon cheval ne saurait les devancer. Si ce sont des Russes, je me joindrai ŕ eux. Si ce sont des Tartares, il faut les éviter! Mais comment? Oů me cacher dans cette steppe?»

Michel Strogoff regarda autour de lui, et son oeil si pénétrant découvrit une masse confusément estompée dans l’ombre, ŕ une centaine de pas en avant, sur la gauche de la route.

«Il y a lŕ quelque taillis, se dit-il. Y chercher refuge, c’est m’exposer peut-ętre ŕ ętre pris, si ces cavaliers le f…