Le Tour du Mond en Quatre-vingts Jours

Jules Verne

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Elektronická kniha: Jules Verne – Le Tour du Mond en Quatre-vingts Jours (jazyk: Francouzština)

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E-kniha Jules Verne: Le Tour du Mond en Quatre-vingts Jours

Anotace

O autorovi

Jules Verne

[8.2.1828-24.3.1905] Jules Verne, francouzský spisovatel a dramatik, jeden z nejpřekládanějších francouzsky píšících autorů vůbec, přichází na svět 8. února roku 1828 v Nantes jako syn advokáta. V mládí Verne studuje práva v Nantes a poté v Paříži, po studiích pak pracuje na burze. Literární ambice má Jules Verne již od mládí, do světa literatury ho jako tajemníka pařížského Théatre lyrique...

Jules Verne: životopis, dílo, citáty

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XXXII

DANS LEQUEL PHILEAS FOGG ENGAGE UNE LUTTE DIRECTE CONTRE LA MAUVAISE CHANCE

En partant, le China semblait avoir emporté avec lui le dernier espoir de Phileas Fogg.

En effet, aucun des autres paquebots qui font le service direct entre l’Amérique et l’Europe, ni les transatlantiques français, ni les navires du « White-Star-line », ni les steamers de la Compagnie Imman, ni ceux de la ligne Hambourgeoise, ni autres, ne pouvaient servir les projets du gentleman.

En effet, le Pereire, de la Compagnie transatlantique française — dont les admirables bâtiments égalent en vitesse et surpassent en confortable tous ceux des autres lignes, sans exception —, ne partait que le surlendemain, 14 décembre. Et d’ailleurs, de męme que ceux de la Compagnie hambourgeoise, il n’allait pas directement ŕ Liverpool ou ŕ Londres, mais au Havre, et cette traversée supplémentaire du Havre ŕ Southampton, en retardant Phileas Fogg, eűt annulé ses derniers efforts.

Quant aux paquebots Imman, dont l’un, le City-of-Paris, mettait en mer le lendemain, il n’y fallait pas songer. Ces navires sont particuličrement affectés au transport des émigrants, leurs machines sont faibles, ils naviguent autant ŕ la voile qu’ŕ la vapeur, et leur vitesse est médiocre. Ils employaient ŕ cette traversée de New York ŕ l’Angleterre plus de temps qu’il n’en restait ŕ Mr. Fogg pour gagner son pari.

De tout ceci le gentleman se rendit parfaitement compte en consultant son Bradshaw, qui lui donnait, jour par jour, les mouvements de la navigation transocéanienne.

Passepartout était anéanti. Avoir manqué le paquebot de quarante-cinq minutes, cela le tuait. C’était sa faute ŕ lui, qui, au lieu d’aider son maître, n’avait cessé de semer des obstacles sur sa route ! Et quand il revoyait dans son esprit tous les incidents du voyage, quand il supputait les sommes dépensées en pure perte et dans son seul intéręt, quand il songeait que cet énorme pari, en y joignant les frais considérables de ce voyage devenu inutile, ruinait complčtement Mr. Fogg, il s’accablait d’injures.

Mr. Fogg ne lui fit, cependant, aucun reproche, et, en quittant le pier des paquebots transatlantiques, il ne dit que ces mots :

« Nous aviserons demain. Venez. »

Mr. Fogg, Mrs. Aouda, Fix, Passepartout traversčrent l’Hudson dans le Jersey-city-ferry-boat, et montčrent dans un fiacre, qui les conduisit ŕ l’hôtel Saint-Nicolas, dans Broadway. Des chambres furent mises ŕ leur disposition, et la nuit se passa, courte pour Phileas Fogg, qui dormit d’un sommeil parfait, mais bien longue pour Mrs. Aouda et ses compagnons, auxquels leur agitation ne permit pas de reposer.

Le lendemain, c’était le 12 décembre. Du 12, sept heures du matin, au 21, huit heures quarante-cinq minutes du soir, il restait neuf jours treize heures et quarante-cinq minutes. Si donc Phileas Fogg fűt parti la veille par le China, l’un des meilleurs marcheurs de la ligne Cunard, il serait arrivé ŕ Liverpool, puis ŕ Londres, dans les délais voulus !

Mr. Fogg quitta l’hôtel, seul, aprčs avoir recommandé ŕ son domestique de l’attendre et de prévenir Mrs. Aouda de se tenir pręte ŕ tout instant.

Mr. Fogg se rendit aux rives de l’Hudson, et parmi les navires amarrés au quai ou ancrés dans le fleuve, il rechercha avec soin ceux qui étaient en partance. Plusieurs bâtiments avaient leur guidon de départ et se préparaient ŕ prendre la mer ŕ la marée du matin, car dans cet immense et admirable port de New York, il n’est pas de jour oů cent navires ne fassent route pour tous les points du monde ; mais la plupart étaient des bâtiments ŕ voiles, et ils ne pouvaient convenir ŕ Phileas Fogg.

Ce gentleman semblait devoir échouer dans sa derničre tentative, quand il aperçut, mouillé devant la Batterie, ŕ une encablure au plus, un navire de commerce ŕ hélice, de formes fines, dont la cheminée, laissant échapper de gros flocons de fumée, indiquait qu’il se préparait ŕ appareiller.

Phileas Fogg héla un canot, s’y embarqua, et, en quelques coups d’aviron, il se trouvait ŕ l’échelle de l’Henrietta, steamer ŕ coque de fer, dont tous les hauts étaient en bois.

Le capitaine…