Cinq Semaines En Ballon

Jules Verne

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Elektronická kniha: Jules Verne – Cinq Semaines En Ballon (jazyk: Francouzština)

Katalogové číslo: verne11 Kategorie:

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E-kniha Jules Verne: Cinq Semaines En Ballon

Anotace

O autorovi

Jules Verne

[8.2.1828-24.3.1905] Jules Verne, francouzský spisovatel a dramatik, jeden z nejpřekládanějších francouzsky píšících autorů vůbec, přichází na svět 8. února roku 1828 v Nantes jako syn advokáta. V mládí Verne studuje práva v Nantes a poté v Paříži, po studiích pak pracuje na burze. Literární ambice má Jules Verne již od mládí, do světa literatury ho jako tajemníka pařížského Théatre lyrique...

Jules Verne: životopis, dílo, citáty

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CHAPITRE XXIII

Colčre de Joe.—La mort d’un juste.—La veillée du corps.—Aridité. —L’ensevelissement.—Les blocs de quartz.—Hallucination de Joe.—Un lest précieux.—Relčvement des montagnes aurifčres.—Commencement des désespoirs de Joe.

Une nuit magnifique s’étendait sur la terre. Le prętre s’endormit dans une prostration paisible.

« Il n’en reviendra pas, dit Joe! Pauvre jeune homme! trente ans ŕ peine!

—Il s’éteindra dans nos bras! dit le docteur avec désespoir. Sa respiration déjŕ si faible s’affaiblit encore, et je ne puis rien pour le sauver!

—Les infâmes gueux! s’écriait Joe, que ces subites colčres prenaient de temps ŕ autre. Et penser que ce digne prętre a trouvé encore des paroles pour les plaindre, pour les excuser, pour leur pardonner!

—Le ciel lui fait une nuit bien belle, Joe, sa derničre nuit peut-ętre. Il souffrira peu désormais, et sa mort ne sera qu’un paisible sommeil. »

Le mourant prononça quelques paroles entrecoupées; le docteur s’approcha; la respiration du malade devenait embarrassée; il demandait de l’air; les rideaux furent entičrement retirés, et il aspira avec délices les souffles légers de cette nuit transparente; les étoiles lui adressaient leur tremblante lumičre, et la lune l’enveloppait dans le blanc linceul de ses rayons.

Mes amis, dit-il d’une voix affaiblie, Je m’en vais! Que le Dieu qui récompense vous conduise au port! qu’il vous paye pour moi ma dette de reconnaissance!

—Espérez encore, lui répondit Kennedy. Ce n’est qu’un affaiblissement passager. Vous ne mourrez pas! Peut-on mourir par cette belle nuit d’été.

—La mort est lŕ, reprit le missionnaire, je le sais! Laissez-moi la regarder en face! La mort, commencement des choses éternelles, n’est que la fin des soucis terrestres. Mettez-moi ŕ genoux, mes frčres, je vous en prie! »

Kennedy le souleva; ce fut pitié de voir ses membres sans forces se replier sous lui.

« Mon Dieu! mon Dieu! s’écria l’apôtre mourant, ayez pitié de moi! »

Sa figure resplendit. Loin de cette terre dont il n’avait jamais connu les joies, au milieu de cette nuit qui lui jetait ses plus douces clartés, sur le chemin de ce ciel vers lequel il s’élevait comme dans une assomption miraculeuse, il semblait déjŕ revivre de l’existence nouvelle.

Son dernier geste fut une bénédiction supręme ŕ ses amis d’un jour.

Et il retomba dans les bras de Kennedy, dont le visage se baignait de grosses larmes.

« Mort! dit le docteur en se penchant sur lui, mort! »

Et d’un commun accord les trois amis s’agenouillčrent pour prier en silence.

« Demain matin, reprit bientôt Fergusson, nous l’ensevelirons dans cette terre d’Afrique arrosée de son sang. »

Pendant le reste de la nuit, le corps fut veillé tour ŕ tour par le docteur, Kennedy, Joe, et pas une parole ne troubla ce religieux silence; chacun pleurait.

Le lendemain, le vent venait du sud, et le Victoria marchait assez lentement au-dessus d’un vaste plateau de montagnes; lŕ des cratčres éteints, ici des ravins incultes; pas une goutte d’eau sur ces crętes desséchées; des rocs amoncelés, des blocs erratiques, des marničres blanchâtres, tout dénotait une stérilité profonde.

Vers midi, le docteur, pour procéder ŕ l’ensevelissement du corps, résolut de descendre dans un ravin, au milieu de roches plutoniques de formation primitive, les montagnes environnantes devaient l’abriter et lui permettre d’amener sa nacelle jusqu’au sol, car il n’existait aucun arbre qui pűt lui offrir un point d’arręt.

Mais, ainsi qu’il l’avait fait comprendre ŕ Kennedy, par suite de sa perte de lest lors de l’enlčvement du prętre, il ne pouvait descendre maintenant qu’ŕ la condition de lâcher une quantité proportionnelle de gaz; il ouvrit donc la soupape du ballon extérieur. L’hydrogčne fusa, et le Victoria s’abaissa tranquillement vers le ravin.

Dčs que la nacelle toucha ŕ terre, le docteur ferma sa soupape; Joe sauta sur le sol, tout en se retenant d’une main au bord extérieur, et de l’autre, il ramassa un certain nombre de pierres qui bientôt remplacčrent son propre poids; alors il put employer ses deux mains, et il eut bientôt entassé dans la nacelle plus de cinq cents livres de pierres; alors le docteur et Kennedy purent descendre ŕ leur tour. Le Victoria se trouvait équilibré, et sa force ascensionnelle était impuissante ŕ l’enlever.

D’ailleurs, il ne fallut pas employer une grande quantité de ces pierres, car les blocs ramassés par Joe étaient d’une pesanteur extręme, ce qui éveilla un instant l’attention de Fergusson. Le sol était parsemé de quartz et de roches porphyriteuses.

« Voilŕ une singuličre découverte, » se dit mentalement le docteur.

Pendant ce temps, Kennedy et Joe allčrent ŕ quelques pas choisir un emplacement pour la fosse. Il faisait une chaleur extręme dans ce ravin encaissé comme une sorte de fournaise. Le soleil de midi y versait d’aplomb ses rayons brűlants.

Il fallut d’abord déblayer le terrain des fragments de roc qui l’encombraient; puis une fosse fut creusée assez profondément pour que les animaux féroces ne pussent déterrer le cadavre.

Le corps du martyr y fut déposé avec respect.

La terre retomba sur ces dépouilles mortelles, et au-dessus de gros fragments de roches furent disposés comme un tombeau.

Le docteur cependant demeurait immobile et perdu dans ses réflexions. Il n’entendait pas l’appel de ses compagnons, il ne revenait pas avec eux chercher un abri contre la chaleur du jour.

« A quoi penses-tu donc, Samuel? lui demanda Kennedy.

—A un contraste bizarre de la nature, ŕ un singulier effet du hasard. Savez-vous dans quelle terre cet homme d’abnégation, ce pauvre de cœur a été enseveli?

—Que veux-tu dire? Samuel, demanda l’Écossais.

—Ce prętre, qui avait fait vœu de pauvreté, repose maintenant dans une mine d’or!

—Une mine d’or! s’écričrent Kennedy et Joe.

—Une mine d’or, répondit tranquillement le docteur. Ces blocs que vous foulez aux pieds comme des pierres sans valeur sont du minerai d’une grande pureté.

—Impossible! impossible! répéta Joe.

—Vo…