Cinq Semaines En Ballon

Jules Verne

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Elektronická kniha: Jules Verne – Cinq Semaines En Ballon (jazyk: Francouzština)

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E-kniha Jules Verne: Cinq Semaines En Ballon

Anotace

O autorovi

Jules Verne

[8.2.1828-24.3.1905] Jules Verne, francouzský spisovatel a dramatik, jeden z nejpřekládanějších francouzsky píšících autorů vůbec, přichází na svět 8. února roku 1828 v Nantes jako syn advokáta. V mládí Verne studuje práva v Nantes a poté v Paříži, po studiích pak pracuje na burze. Literární ambice má Jules Verne již od mládí, do světa literatury ho jako tajemníka pařížského Théatre lyrique...

Jules Verne: životopis, dílo, citáty

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CHAPITRE XLI

Les approches du Sénégal.—Le Victoria baisse de plus en plus.—On jette, on jette toujours.—Le marabout El-Hadji.—MM. Pascal, Vincent, Lambert.—Un rival de Mahomet.—Les montagnes difficiles.—Les armes de Kennedy.—Une manœuvre de Joe.—Halte au-dessus d’un foręt.

Le 27 mai, vers neuf heures du matin, le pays se présenta sous un nouvel aspect: les rampes longuement étendues se changeaient en collines qui faisaient présager de prochaines montagnes; on aurait ŕ franchir la chaîne qui sépare le bassin du Niger du bassin du Sénegal et détermine l’écoulement des eaux soit au golfe de Guinée, soit ŕ la baie du cap Vert.

Jusqu’au Sénégal, cette partie de l’Afrique est signalée comme dangereuse. Le docteur Fergusson le savait par les récits de ses devanciers; ils avaient souffert mille privations et couru mille dangers au milieu de ces nčgres barbares; ce climat funeste dévora la plus grande partie des compagnons de Mungo-Park. Fergusson fut donc plus que jamais décidé ŕ ne pas prendre pied sur cette contrée inhospitaličre.

Mais il n’eut pas un moment de repos; le Victoria baissait d’une maničre sensible; il fallut jeter encore une foule d’objets plus ou moins inutiles, surtout au moment de franchir une cręte. Et ce fut ainsi pendant plus de cent vingt milles; on se fatigua ŕ monter et ŕ descendre; le ballon, ce nouveau rocher de Sisyphe, retombait incessamment; les formes de l’aérostat peu gonflé s’efflanquaient déjŕ; il s’allongeait, et le vent creusait de vastes poches dans son enveloppe détendue.

Kennedy ne put s’empęcher d’en faire la remarque.

« Est-ce que le ballon aurait une fissure? dit-il.

—Non, répondit le docteur; mais la gutta-percha s’est évidemment ramollie ou fondue sous la chaleur, et l’hydrogčne fuit ŕ travers le taffetas.

—Comment empęcher cette fuite

—C’est impossible. Allégeons-nous; c’est le seul moyen; jetons tout ce qu’on peut jeter.

—Mais quoi? fit le chasseur en regardant la nacelle déjŕ fort dégarnie.

—Débarrassons-nous de la tente, dont le poids est assez considérable.»

Joe, que cet ordre concernait, monta au-dessus du cercle qui réunissait les cordes du filet; de lŕ, il vint facilement ŕ bout de détacher les épais rideaux de la tente, et il les précipita au dehors.

« Voilŕ qui fera le bonheur de toute une tribu de nčgres, dit-il; il y a lŕ de quoi habiller un millier d’indigčnes, car ils sont assez discrets sur l’étoffe. »

Le ballon s’était relevé un peu, mais bientôt il devint évident qu’il se rapprochait encore du sol.

Descendons, dit Kennedy, et voyons ce que l’on peut faire ŕ cette enveloppe.

—Je te le répčte, Dick, nous n’avons aucun moyen de la réparer.

—Alors comment ferons-nous?

—Nous sacrifierons tout ce qui ne sera pas complčtement indispensable; je veux ŕ tout prix éviter une halte dans ces parages; les foręts dont nous rasons la cime en ce moment ne sont rien moins que sűres.

—Quoi! des lions, des hyčnes? fit Joe avec mépris.

—Mieux que cela, mon garçon, des hommes, et des plus cruels qui soient en Afrique.

—Comment le sait-on?

—Par les voyageurs qui nous ont précédés; puis les Français, qui occupent la colonie du Sénégal, ont eu forcément des rapports avec les peuplades environnantes; sous le gouvernement du colonel Faidherbe, des reconnaissances ont été poussées fort avant dans le pays; des officiers, tels que MM. Pascal, Vincent, Lambert, ont rapporté des documents précieux de leurs expéditions. Ils ont exploré ces contrées formées par le coude du Sénégal, lŕ oů la guerre et le pillage n’ont plus laissé que des ruines.

—Que s’est-il donc passé?

—Le voici. En 1854, un marabout du Fouta sénégalais, Al-Hadji, se disant inspiré comme Mahomet, poussa toutes les tribus ŕ la guerre contre les infidčles, c’est-ŕ-dire les Européens. Il porta la destruction et la désolation entre le fleuve Sénégal et son affluent la Falémé. Trois hordes de fanatiques guidées par lui sillonnčrent le pays de façon ŕ n’épargner ni un village ni une hutte, pillant et massacrant; il s’avança męme dans la vallée du Niger, jusqu’ŕ la ville de Sego, qui fut longtemps menacée. En 1857, il remontait plus au nord et investissait le fort de Médine, bâti par les Français sur les bords du fleuve; cet établissement fut défendu par un héros, Paul Holl, qui pendant plusieurs mois, sans nourriture, sans munitions presque, tint jusqu’au moment oů le colonel Faidherbe vint le délivrer. Al-Hadji et ses bandes repassčrent alors le Sénégal, et revinrent dans le Kaarta continuer leurs rapines et leurs massacres; or, voici les contrées dans lesquelles il s’est enfui et réfugié avec ses hordes de bandits, et je vous affirme qu’il ne ferait pas bon tomber entre ses mains.

—Nous n’y tomberons pas, dit Joe, quand nous devrions sacrifier jusqu’ŕ nos chaussures pour relever le Victoria.

—Nous ne sommes pas éloignés du fleuve, dit le docteur; mais je prévois que notre ballon ne pourra nous porter au-delŕ.

—Arrivons toujours sur les bords, répliqua le chasseur, ce sera cela de gagné.

—C’est ce que nous essayons de faire, dit le docteur; seulement, une chose m’inquičte.

—Laquelle?

—Nous aurons des montagnes ŕ dépasser, et ce sera difficile, puisque je ne puis augmenter la force ascensionnelle de l’aérostat, męme en produisant la plus grande chaleur possible.

—Attendons, fit Kennedy, et nous verrons alors.

—Pauvre Victoria! fit Joe, je m’y suis attaché comme le marin ŕ son navire; je ne m’en séparerai pas sans peine! Il n’est plus ce qu’il était au départ, soit! mais il ne faut pas en dire du mal! Il nous a rendu de fiers services, et ce sera pour moi un crčve-cœur de l’abandonner.

—Sois tranquille, Joe; si nous l’abandonnons, ce sera malgré nous. Il nous servira jusqu’ŕ ce qu’il soit au bout de ses forces. Je lui demande encore vingt-quatre heures.

—Il s’épuise, fit Joe en le considérant, il maigrit, sa vie s’en va. Pauvre ballon!

—Si je ne me trompe, dit Kennedy, voici ŕ l’horizon les montagnes dont tu parlais, Samuel.

—Ce sont bien elles, dit le docteur aprč…