Les Cinq Cents Millions de la Bégum

Jules Verne

65 

Elektronická kniha: Jules Verne – Les Cinq Cents Millions de la Bégum (jazyk: Francouzština)

Katalogové číslo: verne10 Kategorie:

Popis

E-kniha Jules Verne: Les Cinq Cents Millions de la Bégum

Anotace

O autorovi

Jules Verne

[8.2.1828-24.3.1905] Jules Verne, francouzský spisovatel a dramatik, jeden z nejpřekládanějších francouzsky píšících autorů vůbec, přichází na svět 8. února roku 1828 v Nantes jako syn advokáta. V mládí Verne studuje práva v Nantes a poté v Paříži, po studiích pak pracuje na burze. Literární ambice má Jules Verne již od mládí, do světa literatury ho jako tajemníka pařížského Théatre lyrique...

Jules Verne: životopis, dílo, citáty

Další informace

Autor

Jazyk

Žánr

,

Název originálu
Jazyk originálu

Formát

ePub, MOBI, PDF

Recenze

Zatím zde nejsou žádné recenze.

Buďte první, kdo ohodnotí „Les Cinq Cents Millions de la Bégum“

Vaše e-mailová adresa nebude zveřejněna. Vyžadované informace jsou označeny *

X
UN ARTICLE DE L’UNSERE CENTURIE, REVUE ALLEMANDE

Un mois avant l’époque ŕ laquelle se passaient les événements qui ont été racontés ci-dessus, une revue ŕ couverture saumon, intitulée Unsere Centurie (Notre Sičcle), publiait l’article suivant au sujet de France-Ville, article qui fut particuličrement goűté par les délicats de l’Empire germanique, peut-ętre parce qu’il ne prétendait étudier cette cité qu’ŕ un point de vue exclusivement matériel.

« Nous avons déjŕ entretenu nos lecteurs du phénomčne extraordinaire qui s’est produit sur la côte occidentale des Etats-Unis. La grande république américaine, grâce ŕ la proportion considérable d’émigrants que renferme sa population, a de longue date habitué le monde ŕ une succession de surprises. Mais la derničre et la plus singuličre est véritablement celle d’une cité appelée France-Ville, dont l’idée męme n’existait pas il y a cinq ans, aujourd’hui florissante et subitement arrivée au plus haut degré de prospérité.

« Cette merveilleuse cité s’est élevée comme par enchantement sur la rive embaumée du Pacifique. Nous n’examinerons pas si, comme on l’assure, le plan primitif et l’idée premičre de cette entreprise appartiennent ŕ un Français, le docteur Sarrasin. La chose est possible, étant donné que ce médecin peut se targuer d’une parenté éloignée avec notre illustre Roi de l’Acier. Męme, soit dit en passant, on ajoute que la captation d’un héritage considérable, qui revenait légitimement ŕ Herr Schultze, n’a pas été étrangčre ŕ la fondation de France-Ville. Partout oů il se fait quelque bien dans le monde, on peut ętre certain de trouver une semence germanique ; c’est une vérité que nous sommes fiers de constater ŕ l’occasion. Mais, quoi qu’il en soit, nous devons ŕ nos lecteurs des détails précis et authentiques sur cette végétation spontanée d’une cité modčle.

« Qu’on n’en cherche pas le nom sur la carte. Męme le grand atlas en trois cent soixante-dix-huit volumes in-folio de notre éminent Tuchtigmann, oů sont indiqués avec une exactitude rigoureuse tous les buissons et bouquets d’arbres de l’Ancien et du Nouveau Monde, męme ce monument généreux de la science géographique appliquée ŕ l’art du tirailleur, ne porte pas encore la moindre trace de France— Ville. A la place oů s’élčve maintenant la cité nouvelle s’étendait encore, il y a cinq ans, une lande déserte. C’est le point exact indiqué sur la carte par le 43e degré 11’ 3’’ de latitude nord, et le 124e degré 41’ 17” de longitude ŕ l’ouest de Greenwich. Il se trouve, comme on voit, au bord de l’océan Pacifique et au pied de la chaîne secondaire des montagnes Rocheuses qui a reçu le nom de Monts-des-Cascades, ŕ vingt lieues au nord du cap Blanc, Etat d’Oregon, Amérique septentrionale.

« L’emplacement le plus avantageux avait été recherché avec soin et choisi entre un grand nombre d’autres sites favorables. Parmi les raisons qui en ont déterminé l’adoption, on fait valoir spécialement sa latitude tempérée dans l’hémisphčre Nord, qui a toujours été ŕ la tęte de la civilisation terrestre — sa position au milieu d’une république fédérative et dans un Etat encore nouveau, qui lui a permis de se faire garantir provisoirement son indépendance et des droits analogues ŕ ceux que possčde en Europe la principauté de Monaco, sous la condition de rentrer aprčs un certain nombre d’années dans l’Union ; — sa situation sur l’Océan, qui devient de plus en plus la grande route du globe ; — la nature accidentée, fertile et éminemment salubre du sol ; — la proximité d’une chaîne de montagnes qui arręte ŕ la fois les vents du nord, du midi et de l’est, en laissant ŕ la brise du Pacifique le soin de renouveler l’atmosphčre de la cité, — la possession d’une petite rivičre dont l’eau fraîche, douce légčre, oxygénée par des chutes répétées et par la rapidité de son cours, arrive parfaitement pure ŕ la mer ; — enfin, un port naturel trčs aisé ŕ développer par des jetées et formé par un long promontoire recourbé en crochet.

« On indique seulement quelques avantages secondaires : proximité de belles carričres de marbre et de pierre, gisements de kaolin, voire męme des traces de pépites aurifčres. En fait, ce détail a manqué faire abandonner le territoire ; les fondateurs de la ville craignaient que la fičvre de 1’or vînt se mettre ŕ la traverse de leurs projets. Mais, par bonheur, les pépites étaient petites et rares.

« Le choix du territoire, quoique déterminé seulement par des études sérieuses et approfondies, n’avait d’ailleurs pris que peu de jours et n’avait pas nécessité d’expédition spéciale. La science du globe est maintenant assez avancée pour qu’on puisse, sans sortir de son cabinet, obtenir sur les régions les plus lointaines des renseignements exacts et précis.

« Ce point décidé, deux commissaires du comité d’organisation ont pris ŕ Liverpool le premier paquebot en partance, sont arrivés en onze jours ŕ New York, et sept jours plus tard ŕ San Francisco, oů ils ont nolisé un steamer, qui les déposait en dix heures au site désigné.

« S’entendre avec la législature d’Oregon, obtenir une concession de terre allongée du bord de la mer ŕ la cręte des Cascade-Mounts, sur une largeur de quatre lieues, désintéresser, avec quelques milliers de dollars, une demi-douzaine de planteurs qui avaient sur ces terres des droits réels ou supposés, tout cela n’a pas pris plus d’un mois.

« En janvier 1872, le territoire était déjŕ reconnu, mesuré, jalonné, sondé, et une armée de vingt mille coolies chinois, sous la direction de cinq cents contremaîtres et ingénieurs européens, était ŕ l’oeuvre. Des affiches placardées dans tout l’Etat de Californie, un wagon-annonce ajouté en permanence au train rapide qui part tous les matins de San Francisco pour traverser le continent américain, et une réclame quotidienne dans les vingt-trois journaux de cette ville, avaient suffi pour assurer le recrutement des travailleurs. Il avait męme été inutile d’adopter le procédé de publicité en grand, par voie de lettres gigan…