De La Terre a La Lune

Jules Verne

65 

Elektronická kniha: Jules Verne – De La Terre a La Lune (jazyk: Francouzština)

Katalogové číslo: verne14 Kategorie: Štítek:

Popis

E-kniha Jules Verne: De La Terre a La Lune

Anotace

O autorovi

Jules Verne

[8.2.1828-24.3.1905] Jules Verne, francouzský spisovatel a dramatik, jeden z nejpřekládanějších francouzsky píšících autorů vůbec, přichází na svět 8. února roku 1828 v Nantes jako syn advokáta. V mládí Verne studuje práva v Nantes a poté v Paříži, po studiích pak pracuje na burze. Literární ambice má Jules Verne již od mládí, do světa literatury ho jako tajemníka pařížského Théatre lyrique...

Jules Verne: životopis, dílo, citáty

Další informace

Autor

Jazyk

Žánr

, ,

Název originálu
Jazyk originálu

Formát

ePub, MOBI, PDF

Recenze

Zatím zde nejsou žádné recenze.

Buďte první, kdo ohodnotí „De La Terre a La Lune“

Vaše e-mailová adresa nebude zveřejněna. Vyžadované informace jsou označeny *

XXVII

TEMPS COUVERT

Au moment oů la gerbe incandescente s’éleva vers le ciel ŕ une prodigieuse hauteur, cet épanouissement de flammes éclaira la Floride entičre, et, pendant un instant incalculable, le jour se substitua la nuit sur une étendue considérable de pays. Cet immense panache de feu fut aperçu de cent milles en mer du golfe comme de l’Atlantique, et plus d’un capitaine de navire nota sur son livre de bord l’apparition de ce météore gigantesque.

La détonation de la Columbiad fut accompagnée d’un véritable tremblement de terre. La Floride se sentit secouer jusque dans ses entrailles. Les gaz de la poudre, dilatés par la chaleur, repoussčrent avec une incomparable violence les couches atmosphériques, et cet ouragan artificiel, cent fois plus rapide que l’ouragan des tempętes, passa comme une trombe au milieu des airs.

Pas un spectateur n’était resté debout; hommes, femmes, enfants, tous furent couchés comme des épis sous l’orage; il y eut un tumulte inexprimable, un grand nombre de personnes gravement blessées, et J.-T. Maston, qui, contre toute prudence, se tenait trop en avant, se vit rejeté ŕ vingt toises en arričre et passa comme un boulet au-dessus de la tęte de ses concitoyens. Trois cent mille personnes demeurčrent momentanément sourdes et comme frappées de stupeur.

Le courant atmosphérique, aprčs avoir renversé les baraquements, culbuté les cabanes, déraciné les arbres dans un rayon de vingt milles, chassé les trains du railway jusqu’ŕ Tampa, fondit sur cette ville comme une avalanche, et détruisit une centaine de maisons, entre autres l’église Saint-Mary, et le nouvel édifice de la Bourse, qui se lézarda dans toute sa longueur. Quelques-uns des bâtiments du port, choqués les uns contre les autres, coulčrent ŕ pic, et une dizaine de navires, mouillés en rade, vinrent ŕ la côte, aprčs avoir cassé leurs chaînes comme des fils de coton.

Mais le cercle de ces dévastations s’étendit plus loin encore, et au-delŕ des limites des États-Unis. L’effet du contrecoup, aidé des vents d’ouest, fut ressenti sur l’Atlantique ŕ plus de trois cents milles des rivages américains. Une tempęte factice, une tempęte inattendue, que n’avait pu prévoir l’amiral Fitz-Roy, se jeta sur les navires avec une violence inouďe; plusieurs bâtiments, saisis dans ces tourbillons épouvantables sans avoir le temps d’amener, sombrčrent sous voiles, entre autres le Childe-Harold, de Liverpool, regrettable catastrophe qui devint de la part de l’Angleterre l’objet des plus vives récriminations.

Enfin, et pour tout dire, bien que le fait n’ait d’autre garantie que l’affirmation de quelques indigčnes, une demi-heure aprčs le départ du projectile, des habitants de Gorée et de Sierra Leone prétendirent avoir entendu une commotion sourde, dernier déplacement des ondes sonores, qui, aprčs avoir traversé l’Atlantique, venait mourir sur la côte africaine.

Mais il faut revenir ŕ la Floride. Le premier instant du tumulte passé, les blessés, les sourds, enfin la foule entičre se réveilla, et des cris frénétiques: «Hurrah pour Ardan! Hurrah pour Barbicane! Hurrah pour Nicholl!» s’élevčrent jusqu’aux cieux. Plusieurs million d’hommes, le nez en l’air, armés de télescopes, de lunettes, de lorgnettes, interrogeaient l’espace, oubliant les contusions et les émotions, pour ne se préoccuper que du projectile. Mais ils le cherchaient en vain. On ne pouvait plus l’apercevoir, et il fallait se résoudre ŕ attendre les télégrammes de Long’s-Peak. Le directeur de l’Observatoire de Cambridge [M. Belfast.] se trouvait ŕ son poste dans les montagnes Rocheuses, et c’était ŕ lui, astronome habile et persévérant, que les observations avaient été confiées.

Mais un phénomčne imprévu, quoique facile ŕ prévoir, et contre lequel on ne pouvait rien, vint bientôt mettre l’impatience publique ŕ une rude épreuve.

Le temps, si beau jusqu’alors, changea subitement; le ciel assombri se couvrit de nuages. Pouvait-il en ętre autrement, aprčs le terrible déplacement des couches atmosphériques, et cette dispersion de l’énorme quantité de vapeurs qui provenaient de la déflagration de quatre cent mille livres de pyroxyle? Tout l’ordre naturel avait ét troublé. Cela ne saurait étonner, puisque, dans les combats sur mer, on a souvent vu l’état atmosphérique brutalement modifié par les décharges de l’artillerie.

Le lendemain, le soleil se leva sur un horizon chargé de nuages épais, lourd et impénétrable rideau jeté entre le c…