De La Terre a La Lune

Jules Verne

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Elektronická kniha: Jules Verne – De La Terre a La Lune (jazyk: Francouzština)

Katalogové číslo: verne14 Kategorie: Štítek:

Popis

E-kniha Jules Verne: De La Terre a La Lune

Anotace

O autorovi

Jules Verne

[8.2.1828-24.3.1905] Jules Verne, francouzský spisovatel a dramatik, jeden z nejpřekládanějších francouzsky píšících autorů vůbec, přichází na svět 8. února roku 1828 v Nantes jako syn advokáta. V mládí Verne studuje práva v Nantes a poté v Paříži, po studiích pak pracuje na burze. Literární ambice má Jules Verne již od mládí, do světa literatury ho jako tajemníka pařížského Théatre lyrique...

Jules Verne: životopis, dílo, citáty

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XX

ATTAQUE ET RIPOSTE

CET incident semblait devoir terminer la discussion. C’était le «mot de la fin», et l’on n’eűt pas trouvé mieux. Cependant, quand l’agitation se fut calmée, on entendit ces paroles prononcées d’une voix forte et sévčre:

«Maintenant que l’orateur a donné une large part ŕ la fantaisie, voudra-t-il bien rentrer dans son sujet, faire moins de théories et discuter la partie pratique de son expédition?

Tous les regards se dirigčrent vers le personnage qui parlait ainsi. C’était un homme maigre, sec, d’une figure énergique, avec une barbe taillée ŕ l’américaine qui foisonnait sous son menton. A la faveur des diverses agitations produites dans l’assemblée, il avait peu ŕ peu gagné le premier rang des spectateurs. Lŕ, les bras croisés, l’oeil brillant et hardi, il fixait imperturbablement le héros du meeting. Aprčs avoir formulé sa demande, il se tut et ne parut pas s’émouvoir des milliers de regards qui convergeaient vers lui, ni du murmure désapprobateur excité par ses paroles. La réponse se faisant attendre, il posa de nouveau sa question avec le męme accent net et précis, puis il ajouta:

«Nous sommes ici pour nous occuper de la Lune et non de la Terre.

—Vous avez raison, monsieur, répondit Michel Ardan, la discussion s’est égarée. Revenons ŕ la Lune.

—Monsieur, reprit l’inconnu, vous prétendez que notre satellite est habité. Bien. Mais s’il existe des Sélénites, ces gens-lŕ, ŕ coup sűr, vivent sans respirer, car — je vous en préviens dans votre intéręt — il n’y a pas la moindre molécule d’air ŕ la surface de la Lune.

A cette affirmation, Ardan redressa sa fauve criničre; il comprit que la lutte allait s’engager avec cet homme sur le vif de la question. Il le regarda fixement ŕ son tour, et dit:

«Ah! il n’a pas d’air dans la Lune! Et qui prétend cela, s’il vous plaît?

—Les savants.

—Vraiment?

—Vraiment.

—Monsieur, reprit Michel, toute plaisanterie ŕ part, j’ai une profonde estime pour les savants qui savent, mais un profond dédain pour les savants qui ne savent pas.

—Vous en connaissez qui appartiennent ŕ cette derničre catégorie?

—Particuličrement. En France, il y en a un qui soutient que «mathématiquement l’oiseau ne peut pas voler, et un autre dont les théories démontrent que le poisson n’est pas fait pour vivre dans l’eau.

—Il ne s’agit pas de ceux-lŕ, monsieur, et je pourrais citer l’appui de ma proposition des noms que vous ne récuseriez pas.

—Alors, monsieur, vous embarrasseriez fort un pauvre ignorant qui, d’ailleurs, ne demande pas mieux que de s’instruire!

—Pourquoi donc abordez-vous les questions scientifiques si vous ne les avez pas étudiées? demanda l’inconnu assez brutalement.

—Pourquoi! répondit Ardan. Par la raison que celui-lŕ est toujours brave qui ne soupçonne pas le danger! Je ne sais rien, c’est vrai, mais c’est précisément ma faiblesse qui fait ma force.

—Votre faiblesse va jusqu’ŕ la folie, s’écria l’inconnu d’un ton de mauvaise humeur.

—Eh! tant mieux, riposta le Français, si ma folie me mčne jusqu’ŕ la Lune!

Barbicane et ses collčgues dévoraient des yeux cet intrus qui venait si hardiment se jeter au travers de l’entreprise. Aucun ne le connaissait, et le président, peu rassuré sur les suites d’une discussion si franchement posée, regardait son nouvel ami avec une certaine appréhension. L’assemblée était attentive et sérieusement inquičte, car cette lutte avait pour résultat d’appeler son attention sur les dangers ou męme les véritables impossibilités de l’expédition.

«Monsieur, reprit l’adversaire de Michel Ardan, les raisons sont nombreuses et indiscutables qui prouvent l’absence de toute atmosphčre autour de la Lune. Je dirai męme a priori que, si cette atmosphčre a jamais existé, elle a dű ętre soutirée par la Terre. Mais j’aime mieux vous opposer des faits irrécusables.

—Opposez, monsieur, répondit Michel Ardan avec une galanterie parfaite, opposez tant qu’il vous plaira!

—Vous savez, dit l’inconnu, que lorsque des rayons lumineux traversent un milieu tel que l’air, ils sont déviés de la ligne droite, ou, en d’autres termes, qu’ils subissent une réfraction. Eh bien! lorsque des étoiles sont occultées par la Lune, jamais leurs rayons, en rasant les bords du disque, n’ont éprouvé la moindre déviation ni donné le plus léger indice de réfraction. De lŕ cette conséquence évidente que la Lune n’est pas enveloppée d’une atmosphčre.

On regarda le Français, car, l’observation une fois admise, les conséquences en étaient rigoureuses.

«En effet, répondit Michel Ardan, voilŕ votre meilleur argument, pour ne pas dire le seul, et un savant serait peut-ętre embarrassé d’y répondre; moi, je vous dirai seulement que cet argument n’a pas une valeur absolue, parce qu’il suppose le diamčtre angulaire de la Lune parfaitement déterminé, ce qui n’est pas. Mais passons, et dites-moi, mon cher monsieur, si vous admettez l’existence de volcans ŕ la surface de la Lune.

—Des volcans éteints, oui; enflammés, non.

—Laissez-moi croire pourtant, et sans dépasser les bornes de la logique, que ces volcans ont été en activité pendant une certaine période!

—Cela est certain, mais comme ils pouvaient fournir eux-męmes l’oxygčne nécessaire ŕ la combustion, le fait de leur éruption ne prouve aucunement la présence d’une atmosphčre lunaire.

—Passons alors, répondit Michel Ardan, et laissons de côté ce genre d’arguments pour arriver aux observations directes. Mais je vous préviens que je vais mettre des noms en avant.

—Mettez.

—Je mets. En 1715, les astronomes Louville et Halley, observant l’éclipse du 3 mai, remarqučrent certaines fulminations d’une nature bizarre. Ces éclats de lumičre, rapides et souvent renouvelés, furent attribués par eux ŕ des orages qui se déchaînaient dans l’atmosphčre de la Lune.

—En 1715, répliqua l’inconnu, les astronomes Louville et Halley ont pris pour des phénomčnes lunaires des phénomčnes purement terrestres, tels que bolides ou autres, qui se produisaient dans notre atmosphčre. Voilŕ ce qu’ont répondu les sav…