Vingt Mille Lieues sous les Mers

Jules Verne

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Elektronická kniha: Jules Verne – Vingt Mille Lieues sous les Mers (jazyk: Francouzština)

Katalogové číslo: verne19 Kategorie:

Popis

E-kniha Jules Verne: Vingt Mille Lieues sous les Mers

Anotace

O autorovi

Jules Verne

[8.2.1828-24.3.1905] Jules Verne, francouzský spisovatel a dramatik, jeden z nejpřekládanějších francouzsky píšících autorů vůbec, přichází na svět 8. února roku 1828 v Nantes jako syn advokáta. V mládí Verne studuje práva v Nantes a poté v Paříži, po studiích pak pracuje na burze. Literární ambice má Jules Verne již od mládí, do světa literatury ho jako tajemníka pařížského Théatre lyrique...

Jules Verne: životopis, dílo, citáty

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XI

LE NAUTILUS

Le capitaine Nemo se leva. Je le suivis. Une double porte, ménagée ŕ l’arričre de la salle, s’ouvrit, et j’entrai dans une chambre de dimension égale ŕ celle que je venais de quitter.

C’était une bibliothčque. De hauts meubles en palissandre noir, incrustés de cuivres, supportaient sur leurs larges rayons un grand nombre de livres uniformément reliés. Ils suivaient le contour de la salle et se terminaient ŕ leur partie inférieure par de vastes divans, capitonnés de cuir marron, qui offraient les courbes les plus confortables. De légers pupitres mobiles, en s’écartant ou se rapprochant ŕ volonté, permettaient d’y poser le livre en lecture. Au centre se dressait une vaste table, couverte de brochures, entre lesquelles apparaissaient quelques journaux déjŕ vieux. La lumičre électrique inondait tout cet harmonieux ensemble, et tombait de quatre globes dépolis ŕ demi engagés dans les volutes du plafond. Je regardais avec une admiration réelle cette salle si ingénieusement aménagée, et je ne pouvais en croire mes yeux.

« Capitaine Nemo, dis-je ŕ mon hôte, qui venait de s’étendre sur un divan, voilŕ une bibliothčque qui ferait honneur ŕ plus d’un palais des continents, et je suis vraiment émerveillé, quand je songe qu’elle peut vous suivre au plus profond des mers.

— Oů trouverait-on plus de solitude, plus de silence, monsieur le professeur ? répondit le capitaine Nemo. Votre cabinet du Muséum vous offre-t-il un repos aussi complet ?

— Non, monsieur, et je dois ajouter qu’il est bien pauvre auprčs du vôtre. Vous possédez la six ou sept mille volumes...

— Douze mille, monsieur Aronnax. Ce sont les seuls liens qui me rattachent ŕ la terre. Mais le monde a fini pour moi le jour oů mon Nautilus s’est plongé pour la premičre fois sous les eaux. Ce jour-lŕ, j’ai acheté mes derniers volumes, mes derničres brochures, mes derniers journaux, et depuis lors, je veux croire que l’humanité n’a plus ni pensé, ni écrit. Ces livres, monsieur le professeur, sont d’ailleurs ŕ votre disposition, et vous pourrez en user librement. »

Je remerciai le capitaine Nemo, et je m’approchai des rayons de la bibliothčque. Livres de science, de morale et de littérature, écrits en toute langue, y abondaient ; mais je ne vis pas un seul ouvrage d’économie politique ; ils semblaient ętre sévčrement proscrits du bord. Détail curieux, tous ces livres étaient indistinctement classés, en quelque langue qu’ils fussent écrits, et ce mélange prouvait que le capitaine du Nautilus devait lire couramment les volumes que sa main prenait au hasard.

Parmi ces ouvrages, je remarquai les chefs-d’oeuvre des maîtres anciens et modernes, c’est-ŕ-dire tout ce que l’humanité a produit de plus beau dans l’histoire, la poésie, le roman et la science, depuis Homčre jusqu’ŕ Victor Hugo, depuis Xénophon jusqu’ŕ Michelet, depuis Rabelais jusqu’ŕ madame Sand. Mais la science, plus particuličrement, faisait les frais de cette bibliothčque ; les livres de mécanique, de balistique. d’hydrographie, de météorologie, de géographie, de géologie, etc., y tenaient une place non moins importante que les ouvrages d’histoire naturelle, et je compris qu’ils formaient la principale étude du capitaine. Je vis lŕ tout le Humboldt, tout l’Arago, les travaux de Foucault, d’Henry Sainte-Claire Deville, de Chasles, de Milne-Edwards, de Quatrefages, de Tyndall, de Faraday, de Berthelot, de l’abbé Secchi, de Petermann, du commandant Maury, d’Agassis etc. Les mémoires de l’Académie des sciences, les bulletins des diverses sociétés de géographie, etc., et, en bon rang, les deux volumes qui m’avaient peut-ętre valu cet accueil relativement charitable du capitaine Nemo. Parmi les oeuvres de Joseph Bertrand, son livre intitulé les Fondateurs de l’Astronomie me donna męme une date certaine ; et comme je savais qu’il avait paru dans le courant de 1865, je pus en conclure que l’installation du Nautilus ne remontait pas ŕ une époque postérieure. Ainsi donc, depuis trois ans, au plus, le capitaine Nemo avait commencé son existence sous-marine. J’espérai, d’ailleurs, que des ouvrages plus récents encore me permettraient de fixer exactement cette époque ; mais j’avais le temps de faire cette recherche, et je ne voulus pas retarder davantage notre promenade ŕ travers les merveilles du Nautilus.

« Monsieur, dis-je au capitaine, je vous remercie d’avoir mis cette bibliothčque ŕ ma disposition. Il y a lŕ des trésors de science, et j’en profiterai.

— Cette salle n’est pas seulement une bibliothčque, dit le capitaine Nemo, c’est aussi un fumoir.

— Un fumoir ? m’écriai-je. On fume donc ŕ bord ?

— Sans doute.

— Alors, monsieur, je suis forcé de croire que vous avez conservé des relations avec La Havane.

— Aucune, répondit le capitaine. Acceptez ce cigare, monsieur Aronnax, et, bien qu’il ne vienne pas de La Havane, vous en serez content, si vous ętes connaisseur. »

Je pris le cigare qui m’était offert, et dont la forme rappelait celle du londrčs ; mais il semblait fabriqué avec des feuilles d’or. Je l’allumai ŕ un petit brasero que supportait un élégant pied de bronze, et j’aspirai ses premičres bouffées avec la volupté d’un amateur qui n’a pas fumé depuis deux jours.

« C’est excellent, dis-je, mais ce n’est pas du tabac.

— Non, répondit le capitaine, ce tabac ne vient ni de La Havane ni de l’Orient. C’est une sorte d’algue, riche en nicotine, que la mer me fournit, non sans quelque parcimonie. Regrettez-vous les londrčs, monsieur ?

— Capitaine, je les méprise ŕ partir de ce jour.

— Fumez donc ŕ votre fantaisie, et sans discuter l’origine de ces cigares. Aucune régie ne les a contrôlés, mais ils n’en sont pas moins bons, j’imagine.

— Au contraire. »

A ce moment le capitaine Nemo ouvrit une porte qui faisait face ŕ celle par laquelle j’étais entré dans la bibliothčque, et je passai dans un salon immense et splendidement éclairé.

C’était un vaste quadrilatčre, ŕ pans coupés, long de dix mčtres, large de six, haut de cinq. Un plafond lumineux, décoré de…