Vingt Mille Lieues sous les Mers

Jules Verne

85 

Elektronická kniha: Jules Verne – Vingt Mille Lieues sous les Mers (jazyk: Francouzština)

Katalogové číslo: verne19 Kategorie:

Popis

E-kniha Jules Verne: Vingt Mille Lieues sous les Mers

Anotace

O autorovi

Jules Verne

[8.2.1828-24.3.1905] Jules Verne, francouzský spisovatel a dramatik, jeden z nejpřekládanějších francouzsky píšících autorů vůbec, přichází na svět 8. února roku 1828 v Nantes jako syn advokáta. V mládí Verne studuje práva v Nantes a poté v Paříži, po studiích pak pracuje na burze. Literární ambice má Jules Verne již od mládí, do světa literatury ho jako tajemníka pařížského Théatre lyrique...

Jules Verne: životopis, dílo, citáty

Další informace

Autor

Jazyk

Žánr

,

Název originálu
Jazyk originálu

Formát

ePub, MOBI, PDF

Recenze

Zatím zde nejsou žádné recenze.

Buďte první, kdo ohodnotí „Vingt Mille Lieues sous les Mers“

Vaše e-mailová adresa nebude zveřejněna. Vyžadované informace jsou označeny *

XIII

QUELQUES CHIFFRES

Un instant aprčs, nous étions assis sur un divan du salon, le cigare aux lčvres. Le capitaine mit sous mes yeux une épure qui donnait les plan, coupe et élévation du Nautilus. Puis il commença sa description en ces termes :

« Voici. monsieur Aronnax, les diverses dimensions du bateau qui vous porte. C’est un cylindre trčs allongé, ŕ bouts coniques. Il affecte sensiblement la forme d’un cigare, forme déjŕ adoptée ŕ Londres dans plusieurs constructions du męme genre. La longueur de ce cylindre. de tęte en tęte, est exactement de soixante-dix mčtres, et son bau. ŕ sa plus grande largeur, est de huit mčtres. Il n’est donc pas construit tout ŕ fait au dixičme comme vos steamers de grande marche, mais ses lignes sont suffisamment longues et sa coulée assez prolongée, pour que l’eau déplacée s’échappe aisément et n’oppose aucun obstacle a sa marche.

« Ces deux dimensions vous permettent d’obtenir par un simple calcul la surface et le volume du Nautilus. Sa surface comprend mille onze mčtres carrés et quarante-cinq centičmes ; son volume, quinze cents mčtres cubes et deux dixičmes — ce qui revient ŕ dire qu’entičrement immergé, il déplace ou pčse quinze cents mčtres cubes ou tonneaux.

« Lorsque j’ai fait les plans de ce navire destiné ŕ une navigation sous-marine, j’ai voulu, qu’en équilibre dans l’eau il plongeât des neuf dixičmes, et qu’il émergeât d’un dixičme seulement. Par conséquent, il ne devait déplacer dans ces conditions que les neuf dixičmes de son volume, soit treize cent cinquante-six mčtres cubes et quarante-huit centičmes, c’est-ŕ-dire ne peser que ce męme nombre de tonneaux. J’ai donc dű ne pas dépasser ce poids en le construisant suivant les dimensions sus-dites.

« Le Nautilus se compose de deux coques, l’une intérieure, l’autre extérieure, réunies entre elles par des fers en T qui lui donnent une rigidité extręme. En effet, grâce ŕ cette disposition cellulaire, il résiste comme un bloc, comme s’il était plein. Son bordé ne peut céder ; il adhčre par lui-męme et non par le serrage des rivets, et l’homogénéité de sa construction, due au parfait assemblage des matériaux, lui permet de défier les mers les plus violentes.

« Ces deux coques sont fabriquées en tôle d’acier dont la densité par rapport ŕ l’eau est de sept, huit dixičmes. La premičre n’a pas moins de cinq centimčtres d’épaisseur, et pčse trois cent quatre-vingt-quatorze tonneaux quatre-vingt-seize centičmes. La seconde enveloppe, la quille, haute de cinquante centimčtres et large de vingt-cinq, pesant, ŕ elle seule, soixante-deux tonneaux, la machine, le lest, les divers accessoires et aménagements, les cloisons et les étrésillons intérieurs, ont un poids de neuf cent soixante et un tonneaux soixante-deux centičmes, qui, ajoutés aux trois cent quatre-vingt-quatorze tonneaux et quatre-vingt-seize centičmes, forment le total exigé de treize cent cinquante-six tonneaux et quarante-huit centičmes. Est-ce entendu ?

— C’est entendu, répondis-je.

— Donc, reprit le capitaine, lorsque le Nautilus se trouve ŕ flot dans ces conditions, il émerge d’un dixičme. Or, si j’ai disposé des réservoirs d’une capacité égale ŕ ce dixičme, soit d’une contenance de cent cinquante tonneaux et soixante-douze centičmes, et si je les remplis d’eau, le bateau déplaçant alors quinze cent sept tonneaux, ou les pesant, sera complčtement immergé. C’est ce qui arrive, monsieur le professeur. Ces réservoirs existent en abord dans les parties inférieures du Nautilus.

J’ouvre des robinets, ils se remplissent, et le bateau s’enfonçant vient affleurer la surface de l’eau.

— Bien, capitaine, mais nous arrivons alors ŕ la véritable difficulté. Que vous puissiez affleurer la surface de l’Océan, je le comprends. Mais plus bas, en plongeant au-dessous de cette surface, votre appareil sous-marin ne va-t-il pas rencontrer une pression et par conséquent subir une poussée de bas en haut qui doit ętre évaluée ŕ une atmosphčre par trente pieds d’eau, soit environ un kilogramme par centimčtre carré ?

— Parfaitement, monsieur.

— Donc, ŕ moins que vous ne remplissiez le Nautilus en entier, je ne vois pas comment vous pouvez l’entraîner au sein des masses liquides.

— Monsieur le professeur, répondit le capitaine Nemo, il ne faut pas confondre la statique avec la dynamique, sans quoi l’on s’expose ŕ de graves erreurs. Il y a trčs peu de travail ŕ dépenser pour atteindre les basses régions de l’Océan, car les corps ont une tendance ŕ devenir « fondriers ». Suivez mon raisonnement.

— Je vous écoute, capitaine.

— Lorsque j’ai voulu déterminer l’accroissement de poids qu’il faut donner au Nautilus pour l’immerger, je n’ai eu ŕ me préoccuper que de la réduction du volume que l’eau de mer éprouve ŕ mesure que ses couches deviennent de plus en plus profondes.

— C’est évident, répondis-je.

— Or, si l’eau n’est pas absolument incompressible, elle est, du moins, trčs peu compressible. En effet, d’aprčs les calculs les plus récents, cette réduction n’est que de quatre cent trente-six dix millioničmes par atmosphčre, ou par chaque trente pieds de profondeur. S’agit-il d’aller ŕ mille mčtres, je tiens compte alors de la réduction du volume sous une pression équivalente ŕ celle d’une colonne d’eau de mille mčtres, c’est-ŕ-dire sous une pression de cent atmosphčres. Cette réduction sera alors de quatre cent trente-six cent milličmes. Je devrai donc accroître le poids de façon ŕ peser quinze cent treize tonneaux soixante-dix-sept centičmes, au lieu de quinze cent sept tonneaux deux dixičmes. L’augmentation ne sera conséquemment que de six tonneaux cinquante-sept centičmes.

— Seulement ?

— Seulement, monsieur Aronnax, et le calcul est facile ŕ vérifier. Or, j’ai des réservoirs supplémentaires capables d’embarquer cent tonneaux. Je puis donc descendre ŕ des profondeurs considérables. Lorsque je veux remonter ŕ la surface et l’affleurer, il me suffit de chasser cette eau, et de vider entičrement tous les réservoirs, si je désire que le Nautilu…