Michel Strogoff: Moscou-Irkutsk

Jules Verne

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Elektronická kniha: Jules Verne – Michel Strogoff: Moscou-Irkutsk (jazyk: Francouzština)

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E-kniha Jules Verne: Michel Strogoff: Moscou-Irkutsk

Anotace

O autorovi

Jules Verne

[8.2.1828-24.3.1905] Jules Verne, francouzský spisovatel a dramatik, jeden z nejpřekládanějších francouzsky píšících autorů vůbec, přichází na svět 8. února roku 1828 v Nantes jako syn advokáta. V mládí Verne studuje práva v Nantes a poté v Paříži, po studiích pak pracuje na burze. Literární ambice má Jules Verne již od mládí, do světa literatury ho jako tajemníka pařížského Théatre lyrique...

Jules Verne: životopis, dílo, citáty

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CHAPITRE IX

EN TARENTASS NUIT ET JOUR.

Le lendemain, 18 juillet, le Caucase s’arrętait au débarcadčre de Perm, derničre station qu’il desservît sur la Kama.

Ce gouvernement, dont Perm est la capitale, est l’un des plus vastes de l’empire russe, et, franchissant les monts Ourals, il empičte sur le territoire de la Sibérie. Carričres de marbre, salines, gisements de platine et d’or, mines de charbon y sont exploités sur une grande échelle. En attendant que Perm, par sa situation, devienne une ville de premier ordre, elle est fort peu attrayante, trčs-sale, trčs-boueuse et n’offre aucune ressource. A ceux qui vont de Russie en Sibérie, ce manque de confort est assez indifférent, car ils viennent de l’intérieur et sont munis de tout le nécessaire; mais ŕ ceux qui arrivent des contrées de l’Asie centrale, aprčs un long et fatigant voyage, il ne déplairait pas, sans doute, que la premičre ville européenne de l’empire, située ŕ la frontičre asiatique, fűt mieux approvisionnée.

C’est a Perm que les voyageurs revendent leurs véhicules, plus ou moins endommagés par une longue traversée au milieu des plaines de la Sibérie. C’est lŕ aussi que ceux qui passent d’Europe en Asie achčtent des voitures pendant l’été, des traîneaux pendant l’hiver, avant de se lancer pour plusieurs mois au milieu des steppes.

Michel Strogoff avait déjŕ arręté son programme de voyage, et il n’était plus question que de l’exécuter.

Il existe un service de malle-poste qui franchit assez rapidement la chaîne des monts Ourals, mais, les circonstances étant données, ce service était désorganisé. Ne l’eűt-il pas été, que Michel Strogoff, voulant aller rapidement, sans dépendre de personne, n’aurait pas pris la malle-poste. Il préférait, avec raison, acheter une voiture et courir de relais en relais, en activant par des «na vodkou» [Pourboires] supplémentaires le zčle de ces postillons appelés iemschiks dans le pays.

Malheureusement, par suite des mesures prises contre les étrangers d’origine asiatique, un grand nombre de voyageurs avaient déjŕ quitté Perm, et, par conséquent, les moyens de transport étaient extręmement rares. Michel Strogoff serait donc dans la nécessité de se contenter du rebut des autres. Quant aux chevaux, tant que le courrier du czar ne serait pas en Sibérie, il pourrait sans danger exhiber son podaroshna, et les maîtres de poste attelleraient pour lui de préférence. Mais, ensuite, une fois hors de la Russie européenne, il ne pourrait plus compter que sur la puissance des roubles.

Mais ŕ quel genre de véhicule atteler ces chevaux? A une télčgue ou ŕ un tarentass?

La télčgue n’est qu’un véritable chariot découvert, ŕ quatre roues, dans la confection duquel il n’entre absolument que du bois. Roues, essieux, chevilles, caisse, brancards, les arbres du voisinage ont tout fourni, et l’ajustement des diverses pičces dont la télčgue se compose n’est obtenu qu’au moyen de cordes grossičres. Rien de plus primitif, rien de moins confortable, mais aussi rien de plus facile ŕ réparer, si quelque accident se produit en route. Les sapins ne manquent pas sur la frontičre russe, et les essieux poussent naturellement dans les foręts. C’est au moyen de la télčgue que se fait la poste extraordinaire, connue sous le nom de «perekladnoď», et pour laquelle toutes routes sont bonnes. Quelquefois, il faut bien l’avouer, les liens qui attachent l’appareil se rompent, et, tandis que le train de derričre reste embourbé dans quelque fondričre, le train de devant arrive au relais sur ses deux roues,—mais ce résultat est considéré déjŕ comme satisfaisant.

Michel Strogoff aurait bien été forcé d’employer la télčgue, s’il n’eűt été assez heureux pour découvrir un tarentass.

Ce n’est pas que ce dernier véhicule soit le dernier mot du progrčs de l’industrie carrossičre. Les ressorts lui manquent aussi bien qu’ŕ la télčgue; le bois, ŕ défaut du fer, n’y est pas épargné; mais ses quatre roues, écartées de huit ŕ neuf pieds ŕ l’extrémité de chaque essieu, lui assurent un certain équilibre sur des routes cahoteuses et trop souvent dénivelées. Un garde-crotte protčge ses voyageurs contre les boues du chemin, et une forte capote de cuir, pouvant se rabaisser et le fermer presque hermétiquement, en rend l’occupation moins désagréable par les grandes chaleurs et les violentes bourrasque de l’été. Le tarentass est d’ailleurs aussi solide, aussi facile ŕ réparer que la télčgue, et, d’autre part, il est moins sujet ŕ laisser son train d’arričre en détresse sur les grands chemins.

Du reste, ce ne fut pas sans de minutieuses recherches que Michel Strogoff parvint ŕ découvrir ce tarentass, et il était probable qu’on n’en eűt pas trouvé un second dans toute la ville de Perm. Malgré cela, il en débattit sévčrement le prix, pour la forme, afin de rester dans son rôle de Nicolas Korpanoff, simple négociant d’Irkoutsk.

Nadia avait suivi son compagnon dans ses courses ŕ la recherche d’un véhicule. Bien que le but ŕ atteindre fűt différent, tous deux avaient une égale hâte d’arriver, et, par conséquent, de partir. On eűt dit qu’une męme volonté les animait.

«Soeur, dit Michel Strogoff, j’aurais voulu trouver pour toi quelque voiture plus confortable.

—Tu me dis cela, frčre, ŕ moi qui serais allée, męme ŕ pied, s’il l’avait fallu, rejoindre mon pčre!

—Je ne doute pas de ton courage, Nadia, mais il est des fatigues physiques qu’une femme ne peut supporter.

—Je les supporterai, quelles qu’elles soient, répondit la jeune fille. Si tu entends une plainte s’échapper de mes lčvres, laisse-moi en route et continue seul ton voyage!»

Une demi-heure plus tard, sur la présentation du podaroshna, trois chevaux de peste étaient attelés au tarentass. Ces animaux, couverts d’un long poil, ressemblaient ŕ des ours hauts sur pattes. Ils étaient petits, mais ardents, étant de race sibérienne.

Voici comment le postillon, l’iemschik, les avait attelés: l’un, le plus grand, était maintenu entre deux longs brancards qui portaient ŕ leur extrémité antérieure …