Cinq Semaines En Ballon

Jules Verne

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Elektronická kniha: Jules Verne – Cinq Semaines En Ballon (jazyk: Francouzština)

Katalogové číslo: verne11 Kategorie:

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E-kniha Jules Verne: Cinq Semaines En Ballon

Anotace

O autorovi

Jules Verne

[8.2.1828-24.3.1905] Jules Verne, francouzský spisovatel a dramatik, jeden z nejpřekládanějších francouzsky píšících autorů vůbec, přichází na svět 8. února roku 1828 v Nantes jako syn advokáta. V mládí Verne studuje práva v Nantes a poté v Paříži, po studiích pak pracuje na burze. Literární ambice má Jules Verne již od mládí, do světa literatury ho jako tajemníka pařížského Théatre lyrique...

Jules Verne: životopis, dílo, citáty

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CHAPITRE XXXVII

La route de l’ouest.—Le réveil de Joe.—Son entętement.—Fin de l’histoire de Joe.—Tagelel.—Inquiétudes de Kennedy.—Route au nord.—Une nuit prés d’Agbadčs.

Le vent pendant la nuit se reposa de ses violences du jour, et le Victoria demeura paisiblement au sommet d’un grand sycomore; le docteur et Kennedy veillčrent ŕ tour de rôle, et Joe en profita pour dormir vigoureusement et tout d’un somme pendant vingt-quatre heures.

Voilŕ le remčde qu’il lui faut, dit Fergusson; la nature se chargera de sa guérison. »

Au jour, le vent revint assez fort, mais capricieux; il se jetait brusquement dans le nord et le sud, mais en dernier lieu, le Victoria fut entraîné vers; l’ouest.

Le docteur, la carte ŕ la main, reconnut le royaume du Damerghou, terrain onduleux d’une grande fertilité, avec les huttes de ses villages faites de longs roseaux entremęlés des branchages de l’asclepia; les meules de grains s’élevaient, dans les champs cultivés, sur de petits échafaudages destinés ŕ les préserver de l’invasion des souris et des termites.

Bientôt on atteignit la ville de Zinder, reconnaissable ŕ sa vaste place des exécutions; au centre se dresse l’arbre de mort; le bourreau veille au pied, et quiconque passe sous son ombre est immédiatement pendu!

En consultant la boussole, Kennedy ne put s’empęcher de dire:

« Voilŕ que nous reprenons encore la route du nord!

—Qu’importe? Si elle nous mčne ŕ Tombouctou, nous ne nous en plaindrons pas! Jamais plus beau voyage n’aura été accompli en de meilleures circonstances!...

—Ni en meilleure santé, riposta Joe, qui passait sa bonne figure toute réjouie ŕ travers les rideaux de la tente.

—Voilŕ notre brave ami! s’écria le chasseur, notre sauveur! Comment cela va-t-il?

—Mais trčs naturellement, Monsieur Kennedy, trčs naturellement! Jamais je ne me suis si bien porté! Rien qui vous rapproche un homme comme un petit voyage d’agrément précédé d’un bain dans le Tchad! n’est-ce pas, mon maître?

—Digne cœur! répondit Fergusson en lui serrant la main. Que d’angoisses et d’inquiétudes tu nous a causées!

—Eh bien, et vous donc! Croyez-vous que j’étais tranquille sur votre sort? Vous pouvez vous vanter de m’avoir fait une fičre peur!

—Nous ne nous entendrons jamais, Joe, si tu prends les choses de cette façon.

—Je vois que sa chute ne l’a pas changé, ajouta Kennedy.

—Ton dévouement a été sublime, mon garçon, et il nous a sauvés; car le Victoria tombait dans le lac, et une fois lŕ, personne n’eűt pu l’en tirer.

—Mais si mon dévouement, comme il vous plaît d’appeler ma culbute, vous a sauvés, est-ce qu’il ne m’a pas sauvé aussi, puisque nous voilŕ tous les trois en bonne santé? Par conséquent, dans tout cela, nous n’avons rien ŕ nous reprocher.

—On ne s’entendra jamais avec ce garçon-lŕ, dit le chasseur.

—Le meilleur moyen de s’entendre, répliqua Joe, c’est de ne plus parler de cela. Ce qui est fait est fait! Bon ou mauvais, il n’y a pas ŕ y revenir.

—Entęté! fit le docteur en riant. Au moins tu voudras bien nous raconter ton histoire?

—Si vous y tenez beaucoup! Mais, auparavant, je vais mettre cette oie grasse en état de parfaite cuisson, car je vois que Dick n’a pas perdu son temps

—Comme tu dis, Joe.

—Eh bien! nous allons voir comment ce gibier d’Afrique se comporte dans un estomac européen. »

L’oie fut bientôt grillée ŕ la flamme du chalumeau, et, peu aprčs, dévorée. Joe en prit sa bonne part, comme un homme qui n’a pas mangé depuis plusieurs jours. Aprčs le thé et les grogs, il mit ses compagnons au courant de ses aventures; il parla avec une certaine émotion, tout en envisageant les événements avec sa philosophie habituelle Le docteur ne put s’empęcher de lui presser plusieurs fois la main, quand il vit ce digne serviteur plus préoccupé du salut de son maître que du sien; ŕ propos de la submersion de l’île des Biddiomahs, il lui expliqua la fréquence de ce phénomčne sur le lac Tchad.

Enfin Joe, en poursuivant son récit, arriva au moment oů, plongé dans le marais, il jeta un dernier cri de désespoir.

« Je me croyais perdu, mon maître, dit-il, et mes pensées s’adressaient ŕ vous. Je me mis ŕ me débattre. Comment? je ne vous le dirai pas; j’étais bien décidé ŕ ne pas me laisser engloutir sans discussion, quand, ŕ deux pas de moi, je distingue, quoi? un bout de corde fraîchement coupée; je me permets de faire un dernier effort, et, tant bien que mal, j’arrive au câble; je tire; cela résiste; je me hale, et finalement me voilŕ en terre ferme! Au bout de la corde je trouve une ancre!... Ah! mon maître! j’ai bien le droit de l’appeler l’ancre du salut, si toutefois vous n’y voyez pas d’inconvénient. Je la reconnais! une ancre du Victoria! vous aviez pris terre en cet endroit! Je suis la direction de la corde qui me donne votre direction, et, aprčs de nouveaux efforts, je me tire de la fondričre. J’avais repris mes forces avec mon courage, et je marchai pendant une partie de la nuit, en m’éloignant du lac. J’arrivai enfin ŕ la lisičre d’une immense foręt. Lŕ dans un enclos des chevaux paissaient sans songer ŕ mal. Il y a des moments dans l’existence oů tout le monde sait monter ŕ cheval, n’est-il pas vrai? Je ne perds pas une minute ŕ réfléchir, je saute sur le dos de l’un de ces quadrupčdes, et nous voilŕ filant vers le nord ŕ toute vitesse. Je ne vous parlerai point des villes que je n’ai pas vues, …