Le Château des Carpathes

Jules Verne

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Elektronická kniha: Jules Verne – Le Château des Carpathes (jazyk: Francouzština)

Katalogové číslo: verne09 Kategorie: Štítek:

Popis

E-kniha Jules Verne: Le Château des Carpathes

Anotace

O autorovi

Jules Verne

[8.2.1828-24.3.1905] Jules Verne, francouzský spisovatel a dramatik, jeden z nejpřekládanějších francouzsky píšících autorů vůbec, přichází na svět 8. února roku 1828 v Nantes jako syn advokáta. V mládí Verne studuje práva v Nantes a poté v Paříži, po studiích pak pracuje na burze. Literární ambice má Jules Verne již od mládí, do světa literatury ho jako tajemníka pařížského Théatre lyrique...

Jules Verne: životopis, dílo, citáty

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VI

Le mince croissant de la lune, délié comme une faucille d’argent, avait disparu presque aussitôt aprčs le coucher du soleil. Des nuages, venus de l’ouest, éteignirent successivement les derničres lueurs du crépuscule. L’ombre envahit peu ŕ peu l’espace en montant des basses zones. Le cirque de montagnes s’emplit de ténčbres, et les formes du burg disparurent bientôt sous la crępe de la nuit.

Si cette nuit-lŕ menaçait d’ętre trčs obscure, rien n’indiquait qu’elle dűt ętre troublée par quelque météore atmosphérique, orage, pluie ou tempęte. C’était heureux pour Nic Deck et son compagnon, qui allaient camper en plein air.

Il n’existait aucun bouquet d’arbres sur cet aride plateau d’Orgall. Çŕ et lŕ seulement des buissons ras ŕ ras de terre, qui n’offraient aucun abri contre les fraîcheurs nocturnes. Des roches tant qu’on en voulait, les unes ŕ demi enfouies dans le sol, les autres, ŕ peine en équilibre, et qu’une poussée eűt suffi ŕ faire rouler jusqu’ŕ la sapiničre.

En réalité, l’unique plante qui poussait ŕ profusion sur ce sol pierreux, c’était un épais chardon appelé « épine russe », dont les graines, dit Elisée Reclus, furent apportées ŕ leurs poils par les chevaux moscovites — « présent de joyeuse conquęte que les Russes firent aux Transylvains ».

A présent, il s’agissait de s’accommoder d’une place quelconque pour y attendre le jour et se garantir contre l’abaissement de la température, qui est assez notable ŕ cette altitude.

« Nous n’avons que l’embarras du choix... pour ętre mal ! murmura le docteur Patak.

— Plaignez-vous donc ! répondit Nic Deck.

— Certainement, je me plains ! Quel agréable endroit pour attraper quelque bon rhume ou quelque bon rhumatisme dont je ne saurai comment me guérir ! » Aveu dépouillé d’artifice dans la bouche de l’ancien infirmier de la quarantaine. Ah ! combien il regrettait sa confortable petite maison de Werst, avec sa chambre bien close et son lit bien doublé de coussins et de courtepointes !

Entre les blocs disséminés sur le plateau d’Orgall, il fallait en choisir un dont l’orientation offrirait le meilleur paravent contre la brise du sud-ouest, qui commençait ŕ piquer. C’est ce que fit Nic Deck, et bientôt le docteur vint le rejoindre derričre une large roche, plate comme une tablette ŕ sa partie supérieure.

Cette roche était un de ces bancs de pierre, enfoui sous les scabieuses et les saxifrages, qui se rencontrent fréquemment ŕ l’angle des chemins dans les provinces valaques. En męme temps que le voyageur peut s’y asseoir, il a la faculté de se désaltérer avec l’eau que contient un vase déposé en dessus, laquelle est renouvelée chaque jour par les gens de la campagne. Alors que le château était habité par le baron Rodolphe de Gortz, ce banc portait un récipient que les serviteurs de la famille avaient soin de ne jamais laisser vide. Mais, ŕ présent, il était souillé de détritus, tapissé de mousses verdâtres, et le moindre choc l’eűt réduit en poussičre.

A l’extrémité du banc se dressa…