Alcools

Guillaume Apollinaire

55 Kč

Elektronická kniha: Guillaume Apollinaire – Alcools (jazyk: Francouzština)

Katalogové číslo: apollinaire02 Kategorie: Štítek:

Popis

E-kniha Guillaume Apollinaire: Alcools

Anotace

O autorovi

Guillaume Apollinaire

[26.8.1880-9.11.1918] Vlastním jménem Wilhelm Apollinaris de Kostrowicki, francouzský básník, prozaik a dramatik polského původu, jeden ze zakladatelů moderní francouzské poezie a významný propagátor avantgardy v umění, přichází na svět 26. srpna roku 1880 v Itálii, v Římě, jako nemanželský syn A. Kostrowické, polské šlechtičny, a důstojníka sicilské armády – od roku 1887 pak Apollinaire žije s matkou (která se s...

Guillaume Apollinaire: životopis, dílo, citáty

Další informace

Autor

Jazyk

Žánr

, ,

Název originálu
Formát

ePub, MOBI, PDF

Recenze

Zatím zde nejsou žádné recenze.

Buďte první, kdo ohodnotí „Alcools“

Vaše e-mailová adresa nebude zveřejněna. Vyžadované informace jsou označeny *

La chanson du Mal-Aimé

A Paul Léautaud
Et je chantais cette romance En 1903 sans savoir Que mon amour a la semblance Du beau Phénix s'il meurt un soir Le matin voit sa renaissance.



Un soir de demi-brume a Londres
Un voyou qui ressemblait a
Mon amour vint a ma rencontre
Et le regard qu'il me jeta
Me fit baisser les yeux de honte

Je suivis ce mauvais garçon
Qui sifflotait mains dans les poches
Nous semblions entre les maisons
Onde ouverte de la mer Rouge
Lui les Hébreux moi Pharaon

Que tombent ces vagues de briques
Si tu ne fus pas bien aimée
Je suis le souverain d’Egypte
Sa soeur-epouse son armée
Si tu n'es pas l'amour unique

Au tournant d'une rue brulant
De tous les feux de ses façades
Plaies du brouillard sanguinolent
Ou' se lamentaient les façades
Une femme lui ressemblant

C'était son regard d'inhumaine
La cicatrice d son cou nu
Sortit saoule d'une taverne
Au moment où je reconnus
La fausseté de l'amour même

Lors qu'il fut de retour enfin
Dans sa patrie le sage Ulysse
Son vieux chien de lui se souvint
Près d'un tapis de haute lisse
Sa femme attendait qu'il revint

L 'époux royal de Sacontale
Las de vaincre se réjouit
Quand il la retrouva plus pâle
D'attente et d'amour yeux pâlis
Caressant sa gazelle mâle

J'ai pensé a ces rois heureux
Lorsque le faux amour et celle
Dont je suis encore amoureux
Heurtant leurs ombres infidèles
Me rendirent Si malheureux

Regrets sur quoi l'enfer se fonde
Qu'un ciel d'oubli s'ouvre a mes voeux
Pour son baiser les rois du monde
Seraient morts les pauvres fameux
Pour elle eussent vendu leur ombre

J 'ai hiverné dans mon passé
Revienne le soleil de Pâques
Pour chauffer un coeur plus glacé
Que les quarante de Séba4e
Moins que ma vie martyrisés

Mon beau navire o ma mémoire
Avons-nous assez navigué
Dans une onde mauvaise a boire
Avons-nous assez divagué
De la belle aube au triste soir

Adieu faux amour confondu
Avec la femme qui s 'éloigne
Avec celle que j’ai perdue
L'année dernière en Allemagne
Et que je ne reverrai plus

Voie lactée ô soeur lumineuse
Des blancs ruisseaux de Chanaan
Et des corps blancs des amoureuses
Nageurs morts suivrons-nous d'ahan
Ton cours vers d'autres nébuleuses

J e me souviens d'une autre année
C'était l'aube d'un jour d'avril
J'ai chanté ma joie bien-aimée
Chanté l'amour a voix virile
Au moment d'amour de l'année


AUBADE CHANTÉE A LÆTARE UN AN PASSÉ

C'est le printemps viens-t'en Pâquette
Te promener au bois joli
Les poules dans la cour caquètent
L'aube au ciel fait de roses plis
L'amour chemine a ta conquete

Mars et Vénus sont revenus
Ils s'embrassent a bouches folles
Devant des sites ingénus
Où sous les roses qui feuillolent
De beaux dieux roses dansent nus

Viens ma tendresse est la régente
De la floraison qui paraît
La nature est belle et touchante
Pan sifflote dans la foret
Les grenouilles humides chantent


Beaucoup de ces dieux ont péri
C’est sur eux que pleurent les saules
Le grand Pan l'amour Jésus-Christ
Sont bien morts et les chats miaulent
Dans la cour je pleure a Paris

Moi qui sais des lais pour les reines
Les complaintes de mes années
Des hymnes d'esclave aux murènes
La romance du mal aimé
Et des chansons pour les sirènes

L'amour est mort j'en suis tremblant
J'adore de belles idoles
Les souvenirs lui ressemblant
Comme la femme de Mausole
Je reste fidèle et dolent

J e suis fidèle comme un dogue
Au maître le lierre au tronc
Et les Cosaques Zaporogues
Ivrognes pieux et larrons
Aux steppes et au décalogue
Portez comme un joug le Croissant
Qu’interrogent les astrologues
J e suis le Sultan tout-puissant
O mes Cosaques Zaporogues
Votre Seigneur éblouissant

Devenez mes sujets fidèles
Leur avait écrit le Sultan
Ils rirent a cette nouvelle
Et répondirent a l'instant
A la lueur d'une chandelle


RÉPONSE DES COSAQUES ZAPOROGUES AU SULTAN DE CONSTANTINOPLE

Plus criminel que Barrabas
Cornu comme les mauvais anges
Quel Belzébuth es-tu la-bas
Nourri d'immondice et de fange
Nous n'irons pas a tes sabbats

Poisson pourri de Salonique
Long collier des sommeils affreux
D'yeux arrachés a coup de pique
Ta mère fit un pet foireux
Et tu naquis de sa colique

Bourreau de Podolie Amant
Des plaies des ulcères des croutes
Groin de cochon cul de jument
Tes richesses garde-les toutes
Pour payer tes médicaments


Voie lactée ô soeur lumineuse
Des blancs ruisseaux de Chanaan
Et des corps blancs des amoureuses
Nageurs morts suivrons-nous d'ahan
Ton cours vers d'autres nébuleuses

Regret des yeux de la putain
Et belle comme une panthère
Amour vos baisers florentins
Avaient une saveur amère
Qui a rebuté nos destins

Ses regards laissaient une traîne
D'étoiles dans les soirs tremblants
Dans ses yeux nageaient les sirènes
Et nos baisers mordus sanglants
Faisaient pleurer nos fées marraines

Mais en vérité je l'attends
Avec mon coeur avec mon âme
Et sur le pont des Reviens-t'en
Si jamais revient cette femme
Je lui dirai Je suis content
Mon coeur et ma tête se vident
Tout le ciel s'écoule par eux
O mes tonneaux des Danaides
Comment faire pour etre heureux
Comme un petit enfant candide

Je ne veux jamais l'oublier
Ma colombe ma blanche rade
O marguerite exfoliée
Mon île au loin ma Désirade
Ma rose mon giroflier

Les satyres et les pyraustes
Les égypans les flux follets
Et les destins damnés ou faustes
La corde au cou comme a Calais
Sur ma douleur quel holocauste

Douleur qui doubles les destins
La licorne et le capricorne
Mon âme et mon corps incertain
Te fuient ô bucher divin qu'ornent
Des a…